28.01.2012
A la télévision cette semaine (28 janvier-3 février)

Première diffusion uniquement.
En rouge ce qui a retenu mon attention.
Samedi 28 janvier :
-Juste incorrect : la nuit de l'insolence. COMEDIE 20h40 INEDIT
-La Madeleine Proust haut débit. COMEDIE 22h10
Dimanche 29 janvier :
-Carte blanche à P. Timsit. COMEDIE 16h
-Nicolas Canteloup, deuxième couche. COMEDIE 17h20
Lundi 30 janvier :
-Pierre Palmade (2010). FRANCE 4 22h10
-Bigard, oh ben oui ! COMEDIE 13h35
-Fest. Rire Montreux 2009. COMEDIE 14h45
-Le Point Virgule fait Bobino 2011. COMEDIE 20h40
Mardi 31 janvier :
-Elie Kakou à Marseille. COMEDIE 13h40
-Dany Boon (1998). COMEDIE 15h05
Mercredi 1er février :
-Les 2 Anes. PARIS PREMIERE 20h40
-Florence Foresti à la Cigale. PARIS PREMIERE 22h50
-Jeff Dunham. COMEDIE 13h40
-Dany Boon (1997). COMEDIE 20h40
Jeudi 2 février :
-Jean-François Derec. COMEDIE 13h35
-Titoff. COMEDIE 15h10
Vendredi 3 février :
-Dany Boon (1995). FRANCE 4 22h25
-La Madeleine Proust fait le tour du monde. COMEDIE 14h55
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27.01.2012
Joli rendez-vous à ne pas manquer aux Mathurins...

Metteur en scène de plus en plus demandé (Très chère Mathilde, L'Ouest Solitaire, Harold et Maude...), Ladislas Chollat, ancien assistant et collaborateur de Gildas Bourdet, prend la plume pour la première fois et co-signe avec Patricia Haute-Pottier une oeuvre aussi légère qu'intense, s'interrogeant avec simplicité et authenticité, sans grande phrase ni théorie sentencieuse, sur la direction que chacun choisit, ou pas, de donner à sa vie.
On connaissait les pièces traitant des trentenaires ou quadras bobos installés, souvent en crise existentielle, Chollat choisit d'évoquer la décénie qui précède, celle durant laquelle beaucoup de choix sont encore possibles, pour peu que l'on se mette un coup de pied...
Afin d'illustrer son propos, il met en scène Lukas (Nicolas Giraud), jeune homme sage et sans histoire, un peu lisse, bon élève, étudiant honorable, en couple depuis 12 ans avec Nora (Clémentine Poidratz), bientôt marié... Bref, dans un "moule" qu'il s'est lui-même imposé, souhaitant correspondre à l'image que son entourage avait de lui, ses parents ou ses proches, comme son amie Blanche (Aurore Auteuil). L'image de quelqu'un toujours là où on l'attendait. Et puis, soudainement, il décide de "faire une pause" dans cette vie semblant sur des rails, ne se rend pas au rendez vous que Nora lui a donné pour l'essayage de sa robe de mariée, et quitte le domicile conjugal... Une décision qui aura des conséquences sur l'existence des trois personnages évoqués ci-dessus, mais également, de façon plus surprenante, sur celle de Claude (Roger Dumas), écrivain sujet de la thèse de fin d'études de Lukas.
L'écriture est vive, moderne, tendue. Intelligente mais pas prétentieuse. Théâtrale, multipliant situations et séquences : face à face, conversations téléphoniques, échanges épistolaires, monologues... Les mots sonnent juste dans la bouche de protagonistes soigneusement dessinés. Si elle comporte peut-être quelques petites faiblesses, la construction de l'intrigue se tient cependant parfaitement. Un auteur est né, c'est certain.
Pour donner vie à tout ça, quatre comédiens à la sensibilité à fleur de peau qui ont su nous toucher. Nicolas Giraud associe brillamment fragilité et détermination. Clémentine Poidatz nourrit formidablement ses regards et silences. Aurore Auteuil, si elle doit encore apprendre à respirer son texte, fait preuve d'une belle sincérité. Roger Dumas, enfin, incarne avec élégance la sagesse de celui qui, même tardivement, a su donner du sens à sa vie.
A l'image du texte, la mise en scène va à l'essentiel, sans temps mort, d'une appréciable fluidité cinématographique. Le recours à la vidéo et à l'animation par petites touches est d'ailleurs réussi.
Frais, émouvant, positif, parfois naïf mais jamais niais, ce spectacle fait du bien.
Soyez à l'heure (19 heures !) au rendez-vous.
Réservez vos places en cliquant ci-contre :
12:45 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique je ne serai pas au rendez-vous ladislas chollat patrici |
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26.01.2012
L'amusante et dure réalité de la vie d'artiste sur fond d'opérette...

Lorsqu'une diva de seconde zone fait appel à son ex partenaire (à la ville comme à la scène) pour remplacer au pied levé son actuel camarade de jeu malade, "Amours d'Opérette",le récital promis (par Monsieur le maire !) aux habitants d'une petite ville de province ne se déroule pas tout à fait comme prévu. Entre réglements de comptes en coulisses et incidents inévitables, faute de répétition, durant la représentation, la soirée est longue et douloureuse pour les artistes...
Tel est le pitch de ce sympathique divertissement habilement construit, imaginé, écrit et interprété par Florence Andrieu et Flannan Obé qui prennent un malin plaisir à taquiner un genre musical quelque peu désuet. Si la partie "vie privée" du texte aurait sérieusement besoin d'être remaniée par un co-auteur et laisse craindre le pire en début de spectacle, on est très vite embarqué dans une réjouissante, cruelle mais fort juste peinture du métier et de ceux qui le pratiquent (rêves de gloire qui ne se réaliseront jamais, tournées rurales aux dates clairsemées dans des salles qui n'en sont pas avec des régisseurs amateurs...). On assiste également à un véritable spectacle de music hall virant au burlesque le plus total, déclenchant des rires nombreux.
Les voix sont impeccables, belles et puissantes, la mise en scène précise et pleine de trouvailles, permettant de passer de la scène aux coulisses à un rythme endiablé, les gags d'une efficacité imparable (ne les dévoilons pas afin de maintenir l'effet de surprise). Flannan Obé, que certains d'entre vous avaient peut-être pu apprécier dans "La Nuit d'Eliott Fall" l'an passé, dévoile une force comique incroyable qui compense le manque d'expérience théâtrale de sa partenaire, légèrement en sous-régime par rapport à lui, ce que l'on pourra regretter. Evoquons enfin l'appréciable accompagnement au piano d'Yves Meierhans, pour faire revivre avec enthousiasme et légèreté "Les Palétuviers", "Mexico", "Pomme d'api" et autres airs d'Offenbach et consorts...
Créé il y a plusieurs années, "L'envers du Décor" fait son retour dans la capitale au Ranelagh jusqu'au 17 mars. Nul doute qu'il vous fera passer une agréable soirée.
Réservez vos places en cliquant ci-contre :

Photo : Matthieu Salas
11:18 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique l'envers du décor théâtre du ranelagh florence andrieu |
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25.01.2012
Somptueuse trilogie italienne au Français !

Délice absolu que cette nouvelle mise en scène d'Alain Françon nous présentant, plus de trente ans après Giorgio Strehler dans la même maison, la célèbre trilogie de Carlo Goldoni (Les Manies, Les Aventures, et Le Retour de la Villégiature) au cours d'une seule représentation.
Retraduites par Myriam Tanant, ancienne assistante de Strehler, ayant subi quelques coupes afin de donner au spectacle une durée supportable (comptez tout de même quatre heures trente, entractes inclus), ces trois comédies grinçantes, tournant au drame, dépeignant les fastes estivaux d'une bourgeoisie en déclin, dépensant sans compter, plus soucieuse du paraître et du qu'en-dira-t-on que de sa survie financière et du véritable sens de la vie, se révèlent grâce au metteur en scène et aux interprètes français un pur moment de bonheur théâtral, visuellement proche de la perfection, scénographe, costumier et créateur lumière ayant également fait des merveilles.
Le travail de Françon est en effet saisissant de subtilité, de précision et de beauté. Une toile de maître. Chaque scène, Chaque situation, chaque personnage, chaque réplique, chaque geste, est aussi complexe et travaillé que simple et limpide, donnant à entendre Goldoni magistralement, comme il le fit dernièrement avec Tchekhov. Dans la légèreté et dans la profondeur. On peine d'ailleurs à percevoir comment l'on peut monter séparément les trois oeuvres de l'auteur tant elles ne prennent tout leur sens que réunies.

En tête de distribution, deux magnifiques actrices. Anne Kessler, valeur sûre du Français qui triompha l'an passé dans "Un Tramway...", et Georgia Scalliet, arrivée il y a peu, talent à surveiller de près, à mi-chemin entre une Audrey Tautou et une Marion Cotillard. Elles incarnent Vittoria et Giacinta, jeunes filles à marier de deux familles partant en villégiature, capricieuses et insupportables, quintessence d'une insouciance qui finira par avoir raison de leur bonheur. Elles sont irrésistible de drôlerie.
Mais c'est bien toute la troupe qui illumine le spectacle. On aimerait évoquer chacun. Laurent Stocker en réjouissant amoureux "par défaut", un peu teigneux, jaloux à souhait, tentant d'éliminer son rival, le toujours aussi fin Guillaume Gallienne. Hervé Pierre en touchant père en mal d'autorité. Danièle Lebrun, fabuleuse en vieille folle amoureuse de Michel Vuillermoz, pique assiette doublé d'un mufle auquel il donne toute sa dimension. Mais encore Bruno Raffaelli en sobre, sage et élégant marieur pragmatique, Elsa Lepoivre et Eric Ruf en serviteurs fidèles inculquant du bon sens à leurs maîtres... Ils sont tous formidables, drôles, émouvants, sincères, parfaitement distribués et font honneur à leur maison.
On ne pouvait rêver plus belle inauguration pour le Théâtre Ephémère !
Courez-y !
Jusqu'au 12 mars au Théâtre Ephémère. 19 heures.
Photos : Christophe Raynaud de Lage
13:32 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique trilogie de la villégiature comédie française |
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