A Ivry, Clément Poirée signe une amusante nuit de folie…

A Ivry, Clément Poirée signe une amusante nuit de folie…

Il y a trois ans, à la Tempête, le fidèle compagnon de route de Philippe Adrien nous régalait d’une version léchée, limpide et enthousiasmante de “Beaucoup de Bruit pour Rien“, donnant à voir Shakespeare dans toute sa fantaisie, sa poésie et sa magnificence. Avec une exigence et une force de proposition similaires, voici qu’il s’empare aujourd’hui de “La Nuit des Rois“, s’appuyant sur une solide distribution, homogène et pétulante, le suivant sans retenue dans sa vision “kafkaïenne“, burlesque et intemporelle de cette comédie ne comptant pas parmi nos favorites du dramaturge anglais (moins fluide, moins évidente, sans doute plus étirée que d’autres) mais comportant néanmoins quelques séquences d’anthologie.

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Clément Poirée a choisi de faire passer la “Nuit“ à ses personnages au sein d’un immense dortoir défraichi, unique aire de jeu où solitudes, quêtes d’amour, de désir, d’identité, de bonheur  se croisent, s’entremêlent, se confondent. Comme une sorte de rêve éveillé collégial virant au délire absolu. Aussi surprenante et légèrement déstabilisante qu’elle puisse être, la chose fonctionne plutôt bien. Rappelons brièvement l’intrigue. D’un côté le prince Orsino, amoureux de la comtesse Olivia, se refusant pour cause de deuil. D’un autre deux jeunes jumeaux, Viola et Sébastien, échoués séparément sur les rivages du royaume après une tempête. Viola se grimera en homme afin de rentrer au service d’Orsino. Celui-ci fera d’elle son porte parole auprès d’Olivia qui succombera à ses charmes, la croyant du sexe opposé, tandis qu’elle même tombera amoureuse de son maître…

Nous l’indiquions en introduction, tous se révèlent admirables et réjouissants. Exquise Suzanne Aubert (Viola la travestie) dont la délicatesse et la sensibilité nous avaient déjà touchés dans “Much ado…“. Drolatique Claire Sermonne  en comtesse redécouvrant désir et plaisir. Impayable Mustafa Benaibout (Sir Andrew) qui passe une bonne partie du spectacle à se défenestrer (coup de coeur !). Irrésistible Laurent Menoret (Malvolio) en jarretelles et collants jaunes TRES moulants, se dévergondant devant sa maîtresse, la croyant amoureuse de lui, sombrant peu à peu dans la folie. Formidable Eddie Chignara (Sir Toby) en poivrot roublard. Epatant Bruno Blairet en fou chantant. Parfaits encore, Camille Bernon (Maria), Julien Campani (Antonio) et Matthieu Marie (Orsino).

Bon moment.

Pourquoi pas.

Jusqu’au 1er février.

Capture d’écran 2015-01-07 à 12.41.41

Photos : Nolwenn Brod

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1 comment

  1. krajcovic michel

    du théâtre vrai ,drôle ,vivant espiègle !
    quel bonheur et quelle énergie nous transmette les comédiens
    meilleur spectacle de ma vie de théâtre
    courez y !
    kraco

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