A parfaire, amusant pastiche des vaudevilles et opérettes d’autrefois…

A parfaire, amusant pastiche des vaudevilles et opérettes d’autrefois…

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A la Comédie de Paris où elle présente, teste, rode, les soirs de relâche, plusieurs créations chaque saison, la Troupe à Palmade s’essaie à la parodie. Epouse volage, mari cocu, amant dans le placard, couplets sur tout et n’importe quoi se retrouvent donc au menu de “Cousins Comme Cochons“, fantasque caleçonnade chantée s’amusant avec les codes immuables de genres dramatiques éculés, issue de l’imagination de Nicolas Lumbreras, pilier de la bande ici auteur-compositeur-interprète-directeur d’acteurs. Le résultat s’avère plaisant. Bien vu même si, à nos yeux, un peu vite écrit et souvent attendu. On eut apprécié que le dramaturge allât plus loin dans le “délire“, surprenne davantage. Toutefois la bonne humeur régnant sur le plateau, propice à fous-rires et impros, se propageant sans mal en salle ainsi que de jolies fulgurances de jeu, de plume ou encore de mise en scène eurent globalement raison des réserves émises ci-avant. Car nous avons ri, indiscutablement.

Quand Félicien de Tartasse part à la chasse, Madame reçoit ses amants. Tradition hebdomadaire, réglée comme du papier à musique. Pourtant ce jour-là , Monsieur rentre plus tôt que prévu et trouve la “récréation“ de sa femme dans la penderie, en petite tenue. Récréation que l’infidèle fait passer pour un cousin… Américain. Premier parent retrouvé d’une famille qui au final comptera en son sein l’ensemble de la distribution.

S’appuyant sur les caractères assez réjouissants d’un script perfectible donc, comportant quelques longueurs impactant sensiblement le rythme de la représentation (notamment dans les chansons, pas toutes tordantes…), chacun y va de sa composition, dévoilant des personnalités comiques efficaces (parfois encore en développement), risquant chorégraphies improbables (au cordeau !) et choeurs façon comédies musicales des plus réussis. Dans le rôle d’une domestique ahurie, semblant planer très haut, tombant en pâmoison devant un sourd qu’elle prend pour un italien, Emmanuelle Bougerol se révèle irrésistible et unique. En amants fougueux, insatiables tentant de faire mentir les apparences, Constance Carrelet et Lionel Erdogan font preuve d’une belle énergie et d’une imparable précision. Christophe Canard-de Tartasse nous tira quant à lui des larmes de rire dans sa démonstration énervée, en franglais et en boucle, des lenteurs et absurdités de l’administration hexagonale. Presque du De Funès. La ballade du gay préfet Benjamin Gauthier, allant cueillir des glands en forêt, nous mit aussi en joie. Tout comme les avances sans détour, à la bonne, du notaire excité Johann Dionnet. Véritablement poilant. Plus réservés sur le jardinier malentendant aux contours trop flou de Yann Papin dont le travelo péripatéticienne est en revanche cocasse à souhait.

Pourquoi pas.

Jusqu’à la fin du mois.

Photo : DR

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