30.09.2011
Lorsque le mythe s'écroule...

Parisien depuis trente trois ans (oui, parisien de naissance en fait...), je dois confesser que je n'avais encore pris, jusqu'à hier soir, le chemin du petit Théâtre de la Huchette dans lequel se joue sans discontinuer depuis plus de cinquante ans la célèbre "Cantatrice Chauve" d'Eugène Ionesco, sa première pièce devenue à juste titre un grand classique du théâtre de l'absurde. Nul doute que j'eu mieux fait de m'abstenir ce 29 septembre 2011, tant ce qui nous fut présenté relevait d'une approximation des plus totales...
Si l'on ne pourra reprocher son grand âge à la mise en scène, encore que celle-ci sembla véritablement plongée dans le formol, il est de mon devoir de dénoncer le manque de travail évident de la part d'une distribution certes fraîchement arrivée (à la Huchette on pratique l'alternance) mais tout de même... Se glissant dans une partition datant donc d'un demi siècle, les comédiens ont oublié l'essentiel, à savoir nourrir leur personnage intérieurement et jouer avec sincérité ! Singeant attitudes et intonations de leurs prédécesseurs, ces coquilles vides sonnent effroyablement faux... Il apparaît alors que l'essence de la réflexion du metteur en scène Nicolas Bataille sur l'oeuvre de Ionesco disparut avec lui en 2008, la forme subsistant seule, tant bien que mal, à mesure que les interprètes se succèdent.
Que dire de plus à propos d'un spectacle visiblement devenu au fil des ans une atttraction pour touristes (Tour Eiffel-bateaux mouches-Huchette-Lido et retour à l'hôtel ! ) ou une sortie pour profs de français en mal d'inspiration accompagnés de leur classe ? Que le petit décor de Jacques Noel (qui nous a malheureusement quittés cet été) est charmant mais qu'en dehors de cela, il est urgent de partir à la recherche des re-créateurs de Ionesco !
On en reparle prochainement...
Ci-dessous une vidéo dans laquelle aucun des comédiens vus hier soir n'apparaît...
Découvrez Le record de longévité de "La Cantatrice chauve" d'Eugène Ionesco sur Culturebox !
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29.09.2011
Denise Gence s'est éteinte...

La sociétaire honoraire du Français, entrée dans la troupe en 1946, nous a quittés à l'âge de 87 ans. D'autres diront mieux que moi le talent de cette figure du théâtre français, mais voici quelques images en guise d'hommage. D'abord interviewée par Jean-Claude Brialy, puis dans "Oh les beaux jours" de Samuel Beckett, "Le Tartuffe" de Molière, et "Les corbeaux" d'Henry Becque :
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Le triomphe continue pour "Thé à la menthe..."

Patrick Haudecoeur ("Frou-Frou Les Bains", "La Valse Des Pingouins"...) propose ici la reprise de sa toute première pièce qui connut un triomphe absolu il y a 20 ans et qui ne se dément pas depuis deux ans maintenant, avec l'obtention du Molière de la pièce comique en 2011 après une nomination en 2010.
Quand la compagnie des bras cassés monte un mauvais boulevard et que les répétitions s'avèrent catastrophiques, peu de chances que la première se déroule correctement. Ce qui doit arriver arrive, la représentation est un naufrage absolu, pour le plus grand plaisir des spectateurs...
Théâtre dans le théâtre, l'exercice est connu. La première partie, un peu longue, nous donne donc à voir l'une des ultimes répétitions, et nous permet de découvrir des personnages qui auraient gagnés à être davantage dessinés et exploités. Une metteur en scène qui se fait bouffer par les comédiens et qui dit oui à tout, un vieux cabot d'une suffisance insupportable, le fils du producteur, un niais de première, qui tient le rôle principal alors qu'il n'a jamais foulé les planches, le valet, très actor studio, qui en fait des caisses pour dire "Madame Est servie", une comédienne frôlant l'hystérie qui n'en peut plus de travailler avec des branques... Enfin une habilleuse qui se noie dans un verre d'eau, et un régisseur qui a un poil dans la main. Tout ce petit monde s'affaire, les problèmes s'accumulent, la metteur en scène assure à chaque fois que c'est de l'ordre du détail et qu'on verra plus tard (Oh oui ! on verra plus tard...) les situations sont gentillettes, les dialogues plaisants, mais hormis quelques répliques bien senties, ça ne va pas très loin.
La pièce prend réellement son envol dans la deuxième partie avec la première repésentation qui enchaîne à un rythme des plus soutenus les incidents déclenchant les rires quasiment toutes les 10 secondes. Problèmes techniques, d'accessoires, de texte, d'entrées, de son... Je ne peux vous les révéler sans vous gâcher les fous-rires que vous pourrez avoir si vous assistez à ce spectacle. Car fous-rires il y a, j'en ai même pleuré ! Les comédiens excellent dans leurs multiples tentatives de sauvetage de ce Titanic qui finit malgré tout, non sans mal, par arriver au port. C'est vraiment très réussi.
On regrettera cependant que les dialogues ne soient pas de la même efficacité que le comique de situation. Patrick Haudecoeur aurait pu se donner plus de mal dans l'écriture, ça sent l'oeuvre de jeunesse. Un peu trop sage, un peu trop lisse. Dommage.
Mais ne boudons pas notre plaisir, emmené par une distribution talentueuse (saluons les prestations d'Isabelle Spade, de Patrick Haudecoeur et de Jean-Luc Porraz), ce spectacle saura décrocher des sourires et des rires aux spectateurs les plus difficiles.
C'est bourré tous les soirs et c'est tant mieux (Attention ! Il y a du car de province qui applaudit le décor et les jolis costumes...).
08:42 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique thé à la menthe ou t'es citron théatre fontaine |
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28.09.2011
Avec un plaisir non feint, Demaison présente son nouveau one man...

Trois ans après l'arrêt de son premier seul en scène (Demaison s'envole), l'ancien avocat-fiscaliste devenu humoriste au lendemain du 11 septembre nous revient avec une galerie de personnages hauts en couleurs. Si les sketches ne sont pas toujours aboutis, les situations inédites, souvent piquantes, sont des plus savoureuses et ses compositions franchement irrésistibles.
François-Xavier Demaison possède en effet le formidable talent de pouvoir se métamorphoser aussi bien en castor (oui, le cultissime "Bitou" fait ici son retour !) qu'en tenancière bobo de maison d'hôte au Maroc (à claquer !) dont le mari devenu tétraplégique ne prononce plus qu'une phrase ("Elle me vole mon argent !"), ou encore en voyant-masseur à l'accent improbable lisant l'avenir en vous introduisant un doigt quelque part... (Ah, les accents ! la "quouiche lorraine" de l'américain du premier spectacle nous avait déjà réjouis, la "duuche" du masseur nous a également conquis...).
Physiquement, vocalement, gestuellement, l'artiste atteint une qualité d'interprétation relativement unique dans le petit monde du one man show.
On ne pourra alors que regretter la brièveté de sketches ne permettant pas d'exploiter au mieux personnages et situations ainsi que, trop souvent, le manque de rigueur des auteurs dans l'écriture. Ils s'y sont pourtant mis à quatre... Samuel Le Bihan, Mickael Quiroga, Eric Theobald et Demaison lui-même. On se risquera à suggérer l'arrivée d'un cinquième au sein de cette équipe...
Cela doit-il pour autant vous empêcher de vous rendre à la Gaité Montparnasse ? Non, car le spectacle est malgré tout de qualité et Demaison un artiste à suivre.
Pour réserver des places, vous pouvez cliquer ci-contre :
Découvrez Demaison s'évade à la Gaïté Montparnasse sur Culturebox !
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27.09.2011
Entre témoignage et moment de théâtre réussi : un texte fort à propos de l'anorexie...

Sur la scène des Mathurins, Sandie Masson sait de quoi elle parle. Et pour cause, l'anorexie, elle l'a vécue. C'est de son histoire qu'elle s'est inspirée, aidée de Fred Nony (co-auteur), pour en composer une autre. Un texte habilement construit, tout en douceur et poésie sur un sujet lourd qui montre la complexité de ce mal dont souffrent nombre de jeunes filles et face auquel les médecins sont couramment désemparés.
Une jeune fille qui se trouve trop grosse, un père absent, une mère débordée par son travail qui constate la "disparition petit à petit" de sa fille, un détective qui enquête sur cette disparition, coffrant une balance et un miroir, et enfin une femme guérie. Autant de personnages incarnés par Sandie Masson qui, parfaitement guidée par la metteur en scène Agnès Boury, ne cherche pas la performance d'actrice mais bien la sincérité d'un récit véritablement poignant. Sa sensibilité à fleur de peau transparait tout au long de ce qui se révèle finalement être une ode à la vie et au bonheur d'être femme.
Un spectacle simple, des plus touchants, n'ayant pas vocation à devenir un mode d'emploi de l'anorexie (il n'existe malheureusement pas, chaque cas étant un cas particulier) mais qui est sans aucun doute porteur d'espoir, montrant qu'il est parfois possible de vaincre cette maladie psychologique à l'issue trop souvent fatale.
"Annabelle M, une histoire sans faim". Tous les dimanches et lundis aux Mathurins.
A voir.
Pour réserver des places, vous pouvez cliquer ci-contre :

Photo : Pascaline Dargant
10:50 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique annabelle m une histoire sans faim théâtre des mathurin |
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Dussolier et Arestrup portent haut un texte relativement moyen...

Reprise d'ici quelques jours à la Madeleine d'un succès de la saison passée.
24 août 1944, les alliés arrivaient aux portes de Paris, et le gouverneur allemand Ditetrich Von Choltitz recevait l'ordre de détruire la ville. Il ne le fit pas. Quelques heures plus tôt, celui-ci rencontrait le consul de suède en France, Raoul Nordling. Est-ce lui qui l'a convaincu de ne pas exécuter l'injonction du fuhrer ? Personne ne le saura jamais.
Toujours est-il que l'auteur de "Diplomatie", Cyril Gely ("Signé Dumas", c'est lui), a imaginé cet échange comme celui qui détermina le sort de la capitale. Admettons, même si, je dois le dire, je suis assez peu adepte de l'exercice qui consiste à faire parler les morts afin de reconstituer l'Histoire. En Niels Arestrup (Von Choltitz) et André Dussolier (Nordling), il a trouvé deux interprètes remarquables, tout en nuances et subtilité, qui portent au mieux un texte qui, s'il ne fait honte ni à l'Histoire ni au théâtre, s'avère un peu lisse et manque véritablement de force.
En effet, Cyril Gely s'est appliqué, s'est documenté, et ne fait pas dire n'importe quoi à ses personnages. C'est intelligent, propre, mais cela ne fonctionne qu'à moitié. L'issue réelle de cet échange imaginaire, connue de tous, n'est pour rien dans l'absence d'une tension dramatique digne de ce nom. En revanche, des dialogues trop sages, un argumentaire du consul parfois pauvret pour convaincre l'ennemi, somme toute assez facilement disposé à l'écouter, nous détourneraient presque de l'enjeu capital, si j'ose dire, de cette conversation dont on peine à percevoir l'urgence et l'importance, pourtant bien réelles.
Grâce à Dussolier et Arestrup, sobrement et impeccablement dirigés par Stephan Meldegg (qui évite parfaitement les caricatures du type "réceptions de l'ambassadeur" ou "claquements de bottes" outranciers) votre soirée à la Madeleine sera cependant loin d'être mauvaise. Car le plaisir est immense à les voir maîtriser leur art avec une telle perfection et une telle complémentarité. La finesse de l'un, le côté bouillant et torturé de l'autre, la précision des deux, finissent par nous faire adhérer presque totalement à ce spectacle.
Alors pourquoi pas ?
08:32 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique diplomatie théâtre de la madeleine andré dussolier niel |
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25.09.2011
Retour sur les planches réussi pour Jean-Marie Bigard...

Alors qu'il vient de se faire mettre à la pré-retraite par son supérieur qu'il avait insulté quelques minutes auparavant, Jacques apprend le même jour que sa femme est enceinte, vingt ans après avoir eu leur second enfant. Une nouvelle vie commence...
C'est ainsi que démarre "Le coup de la cigogne", honnête boulevard signé Jean-Claude Islert qui séduira sans peine les amateurs du genre et qui permet à l'humoriste, trois ans après l'échec de Clérambard, de revenir au théâtre dans un registre qui lui va comme un gant. Impeccablement dirigé par Jean-Luc Moreau (dont on a déjà cessé de compter les mises en scène cette saison...), de son entrée tonitruante fort réussie, à elle seule un sketch de trois minutes, en passant par des moments plus posés, Jean-Marie Bigard fait preuve d'une belle sincérité, ne se laisse pas cueillir par la technique et s'en sort au mieux.
L'ensemble de la distribution n'y est pas pour rien. En Elisa Servier qui joue sa femme, il a su trouver une partenaire expérimentée et attentive avec laquelle une jolie complicité est en train de naître. Quant à Lamine Lezghad, incarnant un ex collègue, il se pourrait bien qu'il apparaisse comme l'une des révélations théâtrales de cette saison tant il maîtrise à la perfection son rôle de jeune cadre aux dents longues bourré de tics de langage. Ses échanges avec Bigard, "l'ancien", sont des plus savoureux et contiennent sans aucun doute les répliques les plus drôles de la pièce d'Islert. Citons encore Ariane Mourier en maîtresse abandonnée (elle n'a qu'une scène mais sait se faire remarquer) et Lola marois, fille en mal d'enfant, dotée d'une sympathique candeur qui devra cependant fournir un peu de travail pour convaincre totalement.
Alors, oui, le propos de Jean-Claude Islert est un brin rapide, mais nous ne sommes pas là dans du théâtre psychologique et réaliste, et si le spectacle doit encore trouver sa respiration de croisière, il constitue déjà un aimable divertissement s'adressant au plus grand nombre sans avoir à en rougir.
Pour réserver des places, vous pouvez cliquer ci-contre :

Photo : Lot
16:24 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique le coup de la cigogne théâtre saint-georges jean-marie |
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24.09.2011
A la télévision cette semaine (24-30 septembre)

Première diffusion uniquement.
En rouge ce qui a retenu mon attention.
Samedi 24 septembre :
-Demaison s'envole. PARIS PREMIERE 19h05
-Sexe magouilles et culture générale. PARIS PREMIERE 20h35
-Toc Toc. PARIS PREMIERE 23h10
-Just for love avec Arthur. COMEDIE 20h40 DIRECT
-Anne Roumanoff (2010). COMEDIE 22h50
-Dita Von Teese au Crazy Horse. JIMMY 23h20
Dita Von Teese enflamme le Crazy Horse par france24
Dimanche 25 septembre :
-Pierre Plamade (1995). FRANCE 4 16h50
-Carte blanche à Stéphane Guillon. COMEDIE 16h15
-Les frères Taloche. COMEDIE 17h55
Lundi 26 septembre :
-Anne Roumanoff. FRANCE 4 22h10
-Rififoin dans les labours. COMEDIE 13h45
-Lemoine humour du monde. COMEDIE 15h25
Mardi 27 septembre :
-Dany Boon (2001). FRANCE 4 20h35
-Bonjour ivresse ! FRANCE 4 0h40
-La si jolie vie de Sylvie Joly. COMEDIE 13h45
Mercredi 28 septembre :
-Les 2 ânes. PARIS PREMIERE 20h35
-Thomas Ngijol. COMEDIE 13h45
-Jamel comedy club. COMEDIE 16h50
-Michel Boujenah (2010). COMEDIE 20h40
-Marc Jolivet (2009). COMEDIE 22h25
Jeudi 29 septembre :
-Carte blanche à Roumanoff. COMEDIE 13h45
-Gustin en spectacle. COMEDIE 15h30
Vendredi 30 septembre :
-Paris fait sa comédie 2009. DIRECT 8 20h40
-Laurent Baffie est un sale gosse. DIRECT 8 22h30
03:51 Publié dans Diffusions TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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23.09.2011
Bien "cheap" musical show...

Euh... Pfff... Bon... Euh... Hum... Comment dire... Houla ! Bon. Mais euh... Pourquoi ?
C'est par ces mots que pourrait démarrer, voire se conclure, cette chronique à propos du "Peep Musical Show", vu hier soir au Théâtre Clavel... Mais nous ferons un effort et développerons nos propos...
Au départ, une idée de Franck Jeuffroy : faire se rencontrer sur la scène d'un ancien peep show de Pigalle mis à sa disposition les occupants de ce quartier parisien et des personnages semblant tout droit sortis des musicals anglo-saxons, le tout sur des airs connus. Après tout, pourquoi pas ? Il existe dans ce répertoire suffisamment de chansons coquines, sexy ou sulfureuses de qualité pour réaliser un amusant et séduisant pot pourri érotico-chic à la sauce Broadway.
Mais, il y a un mais, l'équipe créative a souhaité pondre une histoire "originale", à l'argument minime, réinventant pour ce faire sans grande finesse (le mot lourdeur nous brûle le stylo...) les paroles de standards empruntés à Chicago, Mamma Mia, Wicked, ou encore Un Violon Sur Le Toit. Et c'est bien là que le drame commence... Je vous la fait courte : Nous assistons aux chassés croisés amoureux de quatre personnages (un marin, une starlette, un séminariste et la tenancière d'un peep show); tout le monde couche avec tout le monde avant de finalement trouver sa voie dans la vie. Voilà voilà...
Pour ne rien arranger, évoquons pêle-mêle une absence totale de scénographie, des costumes pas toujours très inspirés, et, broutille, le fait que ce spectacle ne se donne plus dans un ancien peep show de Pigalle (comme lors de sa création il y a deux ans) mais dans une salle ordinaire du 19ème arrondissement, réduisant selon moi de façon conséquente l'intérêt de la chose.
Cela ne serait pas si grave si les quatre interprètes ne possédaient un talent certain. Car les voix passent bien, le rythme est bon, le travail précis, les quelques chorégraphies de François Beretta font pour le coup écho avec beaucoup d'humour et de subtilité aux oeuvres originelles... Quel gâchis !
Euh... Pfff... Bon... Euh... Hum... Comment dire... Houla ! Bon. Mais euh... Pourquoi ?
15:18 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique peep musical show |
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22.09.2011
Quand la Comédie Française fait fi de la censure...

Cinq ans bientôt que les comédiens français collaborent avec Philippe Meyer, talentueux journaliste de France Inter, créateur de l'excellente émission musicale "La prochaine fois je vous le chanterai". Sur les ondes d'abord, sur le plateau du Studio Théâtre ensuite, la troupe s'est mise à la chanson, entonnant des airs rares dénichés par l'animateur radio suivant différentes thématiques.
En cette rentrée, le cabaret du Français s'attaque aux "Chansons Déconseillées", voire interdites, par la censure et balaie un répertoire allant du 19ème siècle jusqu'à la fin des années 70, de Victor Hugo à Georges Brassens en passant par Francis Blanche. Couplets antimilitaristes ou glorifiant les bordels fraîchement fermés, chansons sur l'alcool ou les maris cocus... Nous n'égrainerons pas ici la vingtaine de morceaux choisis avec soin et éclectisme, tous fort plaisants à découvrir ou redécouvrir, révélateurs de la société et des mentalités de l'époque à laquelle ils furent composés, et nous attarderons sur la forme du spectacle.

Si l'élégance de Philippe Meyer, coordinateur artistique de ces soirées, associée au prestige de cette institution théâtrale qu'est la Comédie Française ne nous transporteront jamais dans l'atmosphère des bouges d'antan (ce n'est d'ailleurs pas une nécessité absolue), on pourra tout de même (peut-être) regretter le choix d'une mise en scène trop smart, trop figée et sans grande surprise. Tout de noir vêtus, devant un rideau rouge surplombé d'une guirlande lumineuse, les comédiens vont se succéder afin d'interpréter les morceaux leur étant attribués, sans interactivité ou véritable jeu entre eux. C'est un peu dommage.
Ce bémol étant posé, il ne devra pas occulter l'indéniable qualité du spectacle. les huit comédiens retenus, tous dotés d'une très bonne voix font remaquablement passer l'émotion du propos, qu'il soit drôle, poignant ou percutant. C'est leur métier me direz-vous, mais ils incarnent à merveille ces chansons, et c'est bien là l'essentiel.
Ajoutons que certains jouent aussi d'un instrument, prêtant main forte aux trois musiciens présents sur le plateau, permettant à ce modeste cabaret de sonner richement.
Cécile Brune, Sylvia Bergé, Françoise Gillard, Serge Bagdassarian, Benjamin Jungers, Stéphane Varupenne, Félicien Juttner et Guillaume Mika vous feront sans aucun doute passer un heure apéritive (rideau à 18h30) tout à fait charmante et intelligente avec ces chansons proscrites en leur temps avant 20 heures, 22 heures ou minuit.
Jusqu'au 30 octobre, au Studio Théâtre.
Photo : Cosimo Mirco Magliocca
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