15.02.2012
A l'Oeuvre, Musset et Besset nous parlent d'amour...

Amusante et judicieuse idée que celle de Jean-Marie Besset, auteur metteur en scène, de proposer au cours d'une même représentation deux oeuvres se répondant admirablement. Musset d'abord, avec "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée". Besset ensuite, avec "Je ne veux pas me marier". Dans un cas comme dans l'autre, séduction, amour, et mariage se trouvent au coeur des échanges de deux couples. Pas dans le même ordre cependant...
Chez le dramaturge du XIXème, une marquise refuse la cour qu'un comte souhaite lui faire si les sentiments éprouvés ne sont que désir et n'ont pour objectif le mariage. Chez Besset, de nos jours, une jeune femme remet en cause son mariage (à la veille de la cérémonie) qu'elle perçoit tout à coup comme une finalité fatale à l'amour et au désir du couple épanoui et libéré qu'elle forme avec son compagnon...
Romantisme, esprit, raffinement de la langue, et élégance des personnages d'une part. Ecriture ciselée, percutante, protagonistes modernes, complexes, cérébraux et passionnés de l'autre. Deux réflexions spéculaires sur le couple, et le mariage, qui interpellent le spectateur sans oublier de le faire sourire.
La forme s'avère tout aussi séduisante. Situant les deux actions dans un même lieu, le metteur en scène permet aux fantômes romantiques d'observer les héros d'aujourd'hui, créant un liant et une continuité bénéfiques au spectacle.

Les trois jeunes comédiens de cette distribution nous ont ravis. Adrien Melin, dans les deux personnages masculins, dévoile un bel éventail de ses possibilités. Aussi touchant en amoureux transi et torturé d'abord, que pétillant en séducteur affirmé ensuite. Blanche Leleu, pour sa part, est une marquise de poigne joliment troublée par le discours qu'on lui tient. Chloé Olivères, enfin, est une femme dans le doute qui a su nous émouvoir.
Charmant.
Et intelligent, ce qui ne gâte rien...
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12:31 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique il faut je ne veux pas théâtre de l'oeuvre |
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Commentaires
J'ai vu ce spectacle à Boulogne, et irai le revoir à l'Oeuvre: ces deux pièces font une excellente soirée. Adrien Melin est brillant, l'ensemble est d'une élégance que ne restitue malheureusement pas l'affiche qui s'étale sur les colonnes Morris, trop criarde et ordinaire.
Écrit par : anne | 15.02.2012
Répondre à ce commentaireJ'ai vu et je dois dire que j'ai été déçue...
Écrit par : | 20.02.2012
Répondre à ce commentaireRevu hier à l'Oeuvre. C'est merveilleux, le meilleur mot pour ce spectacle est: charme absolu! Gérard Maro tient enfin le succès de sa saison.
Écrit par : anne | 22.02.2012
Répondre à ce commentaireC'est un parti pris convenu d'avance que de rapprocher ces 2 textes mais cela fonctionne tout à fait. L'opposition n'en est pas une finalement ; le tout est complémentaire. Un spectacle agréable, très bien joué pour une soirée simple, rendue presque douce par ce romantisme un rien désuet.
Écrit par : Spectatif | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireJe vois avec plaisir que ce spectacle est prolongé de mois en mois à l'Oeuvre: il est désormais annoncé jusqu'à fin juin: le bouche à oreille doit être excellent...
Je regrette pourtant le remplacement de Blanche Leleu par Marilyne Fontaine, qui, quand je l'ai vue (j'avoue, j'ai vu la pièce trois fois!), ne m'a pas semblé avoir trouvé le ton juste pour la Marquise de Musset. Partition il faut en convenir très difficile pour une si jeune actrice.
Elle sera sûrement plus à l'aise dans le rôle de Mademoiselle Julie, qu'elle va jouer sous la direction de Robin Renucci, avec les Tréteaux de France...
Écrit par : anne | 22.05.2012
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