11.05.2012

Onze lettres... Pas mieux... : Dispensable...

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Pada Pam Pam... Pada Paaaam ! *

Bon, Arielle Prat et Bertrand Renard l'ont dit, ils ne se prennent pas pour des professionnels. Nulle autre prétention, avec ces trois Guitry en un acte mêlés à quelques airs d'Offenbach, que de s'offrir, en amateurs, une récréation entre deux enregistrements des Chiffres et des Lettres. C'est entendu... Etait-il pour autant nécessaire de proposer la chose à un public dépassant le cercle indulgent et bienveillant de leurs amis ? Pas sûr...

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Car dans l'amateurisme nous sommes en plein. Et pas dans ce qu'il a de meilleur. Ils y mettent pourtant indéniablement du leur... Et du coeur !  Mais si les airs extraits des "Contes d'Hoffmann", de "La Perichole" et de "La Vie Parisienne", sans toutefois nous transporter, se laissent à peu près entendre, le jeu d'acteur révèle pour sa part de terribles maladresses, contresens et carences techniques, rendant impropre le travail à la représentation... Les répliques sonnent faux quasiment en permanence, le rythme est inexistant, la légèreté et la finesse de Guitry font place à une lourdeur et une torpeur presque Tchekhoviennes... Arrêtons-nous là, c'est un métier.

En mettant bout à bout  "Une lettre bien tapée", "Un homme d'hier et une femme d'aujourd'hui" puis "Un type dans le genre de Napoléon", Frédéric d'Elia, qui signe la mise en scène, avait habilement trouvé le moyen de faire vivre à ce couple une histoire complète, de la séduction à la séparation. Bien vu. Associer le compositeur d'opéras bouffes au pétillant Guitry n'était pas sans pertinence. Ses choix de costumes pour Arielle Prat faisaient par ailleurs preuve d'humour et d'élégance. Là encore, il était dans le vrai.  Lui manquaient simplement deux comédiens aguerris susceptibles de faire entendre Guitry correctement. Ce qui s'avère souvent bien plus compliqué qu'on ne peut le croire. Sa direction d'acteurs, aussi rigoureuse soit-elle, n'y aura pas suffi.

Dommage.

Au Théâtre du Marais, jusqu'au 16 juin.

* Avez-vous reconnu le jingle rythmant les parties endiablées du célèbre jeu TV...? 

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Photo : Katia Maeder

08.05.2012

L'histoire de Dracula comme excellent prétexte à jeu...

critique Dracula mon histoire théâtre de la huchette

Quand, lors d'une conférence improvisée, deux bras droits, plutôt bras cassés, du plus célèbre des vampires se chargent de narrer son histoire, la séance ne tarde pas à sombrer dans une approximation burlesque, clownesque et pantomimique assez jouissive...

Très, mais alors très librement adapté de l'oeuvre de Bram Stoker au fil d'improvisations par deux comédiens, Gaetan Schmid et Alan Committie, respectivement belge et sud africain, le script, s'il n'a rien d'exceptionnel, se révèle amusant et indéniablement efficace. Il est surtout une formidable partition-prétexte à jeu dont ont su se saisir Bernard Gabay et Adriano Sinivia, blanc et auguste maîtrisant joliment les différents arts de la scène évoqués plus haut.

Le duo est impeccable. l'air pincé et "so british" du premier contrebalance et complète à merveille la bouffonnerie du second. La rigueur d'exécution de leurs clowneries compense les faiblesses du texte et peut-être un léger manque de nervosité d'une mise en scène, par ailleurs soignée, signée Nathalie Juvet.

Présenté à la Huchette du lundi au samedi, ce spectacle permettra à un public familial de trouver un rire simple, frais, et de qualité.

A voir.

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06.05.2012

Au Théâtre 13, Venise et Goldoni aux couleurs des 50's... Une réussite !

critique les cancans goldoni théâtre 13

Voici un Goldoni qui devrait réjouir nombre de spectateurs. Aussi drôles que cruels, ces "Cancans" bénéficient d'une traduction moderne et enlevée de Dorine Hollier ainsi que d'une mise en scène au cordeau signée Stéphane Cottin, réunissant sur le plateau pas moins de douze comédiens qui s'en donnent à coeur joie.

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Chechinna et Beppo sont amoureux, et leurs familles s'apprêtent à les marier. Mais voilà que la rumeur vénitienne vient briser ce projet d'union, faisant courir le bruit que Chechinna ne serait pas la fille de son père... Peut-être même une bâtarde. Dans ces conditions, impossible pour Beppo d'épouser celle qu'il aime, ignorant si son ascendance est digne de son rang. Après moultes péripéties et une happy end, nos protagonistes conclueront qu'il faut toujours se tenir à bonne distance des cancans, des "on dit", potentiellement terriblement destructeurs...

Goldoni nous offre ici des personnages et des situations savoureux. Entre autres une belle brochette de comères ne pouvant se retenir de colporter, à la vitesse de l'éclair et avec un plaisir non feint, médisances et ragots, faisant d'incessants allers-retours  dans toute la ville. Ses propos sur l'importance du paraître et l'intolérable mélange des classes à l'époque ne sont par ailleurs pas sans une certaine résonnance aujourd'hui. Vive, piquante, concise, la pièce est excellente. 

Nous l'évoquions en titre, Stéphane Cottin a choisi de propulser l'intrigue dans les années 50. Une transposition qui, à l'image de la traduction, dépoussière et fait du bien. Il soigne jusque dans les moindres détails (costumes, décors, accessoires...) une reconstitution pré-yéyés délicieuse. Quelques chorégraphies drolatiques (parfaitement réglées) et une chanson irrésistible viennent achever sa peinture d'une époque légère et insouciante dont le but est aussi d'évoquer l'Italie Fellinienne. C'est réussi. La limpidité, la fluidité de son travail, aidée d'une épatante scénographie permettant de transformer l'espace en quelques secondes, sa direction d'acteurs précise et sans fioriture, convainquent et séduisent sans réserve.

L'ensemble de la distribution fait preuve de justesse et d'une appréciable sincérité. Ces douze comédiens forment une bien jolie troupe, homogène, au plaisir de jeu communicatif.

Tous au théâtre 13 !

Réservez vos places en cliquant ci-contre :  commander_100x30_02.gif

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Photos : Bruno Perroud

04.05.2012

Au Tristan Bernard, une comédie confuse dans ses intentions...

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Nous somme le 31 décembre. Antoine, jeune homme dépressif, convie Sandrine à passer la soirée à ses côtés avant, lui annonce t-il, de mettre fin à ses jours. Antoine est amoureux de Sandrine. Mais Sandrine, qui débarque en panique apprêtée en poulpe pour cause de soirée  déguisée imminente, ne le connaît pas. Antoine a des révélations à lui faire, et la soirée va aller de surprise en surprise...

Voici en substance le pitch de "Meilleurs Voeux", la nouvelle pièce de Carole Greep ("J'aime beaucoup ce que vous faites"), non dénuée de qualités, qui a malheureusement bien du mal à convaincre. Et ce pour une raison essentielle : l'auteur peine à choisir un registre. Cela démarre comme du café théâtre pur, qui pourrait être efficace malgré quelques répliques parfois un peu faciles. Suffisament barré en tout cas pour faire mouche. Cela se poursuit sur un ton moins léger, presque grave et inquiétant, même si l'humour est toujours présent, et se termine du côté de la comédie romantique... 

Par voie de conséquence, metteur en scène, comédiens et public hésitent également, que  ce soit dans leurs propositions ou l'attitude à adopter... Eric Guého (Antoine) et Juliette Galoisy (Sandrine) mettent près d'une heure quinze à jouer dans la même pièce. Le premier se trouve dès le départ dans une énergie, une sincérité et une tension dramatique certes fort justes mais en décalage total avec l'abattage de la seconde. L'indéniable force comique de la comédienne, qui du coup paraît surjouer, tombe à plat, et les vannes provoquent au mieux des sourires crispés. David talbot, à la mise en scène, ne parvient à donner une cohérence à l'ensemble que lors des vingt dernières minutes, teintées d'une plaisante folie douce.

Tout cela s'avère regrettable, car il y a du bon dans le travail de Carole Greep, et les deux interprètes sont talentueux. Mais force est de constater qu'en l'état la mayonnaise ne prend pas.

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Photo : Lot