29.11.2011
Un Molière moderne et enlevé au Gymnase...

Dans la lignée du théâtre de tréteaux qu'appréciait Jean-Baptiste Poquelin, L'Ecla Théâtre, spécialiste en spectacles pour enfants, propose, sous la houlette de Laëtitia Guédon, un "Médecin Malgré Lui" à la portée de tous, rythmé, drôle, et plein de trouvailles.
Vous connaissez probablement l'histoire. Afin de se venger de son mari Sganarelle, rustre alcoolisé du matin au soir qui une fois de plus l'a rouée de coups, Martine fait passer celui-ci pour médecin. Il se verra contraint de soigner, malgré lui, une jeune fille de bonne famille devenue muette depuis que son père l'a promise à un homme qu'elle n'aime pas... Cette pétillante comédie de Molière est à la fois une satire de la médecine, une amusante peinture du couple, des milieux paysans et bourgeois, et une ode à l'amour libre en même temps qu'une déclaration de guerre au mariage forcé. Comme toujours chez l'auteur, le propos est intemporel et indémodable.
L'intelligente mise en scène de Laëtitia Guédon brasse et met en avant de façon contemporaine ces différentes cultures, classes sociales et ethnies. Le rideau se lève sur un camp gitan euphorique qui n'est pas sans faire penser à ceux des films de Kusturica ("Chat noir chat blanc", "Le temps des gitans"...). Il se baisse alors que nous sommes sur le quai du métro Barbès. Entre les deux, le spectateur fait un tour chez un marchand de tissu africain. Le voyage est réussi, notamment grâce à l'astucieuse scénographie de Soline Portmann qui assure une appréciable fluidité à l'action (une boîte "accordéon" qui se déplie, se replie, et dont les fonds se retournent en quelques secondes).
La distribution est honnête, portée du début à la fin par Teddy Mélis qui compose un réjouissant Sganarelle, roublard à souhait. Doté d'une force comique patente, d'un parfait sens du rythme et d'une technique irréprochable, il compense, sans "tirer la couverture", les quelques faiblesses de certains de ses camarades de jeu. Le garçon devrait rapidement faire parler de lui.
Cette production se révèle une excellente occasion de donner à voir le théâtre classique aux plus jeunes, avant que leurs professeurs de français ne les en dégoûtent et qu'il ne soit trop tard pour leur faire comprendre que non, Molière n'est pas ch... et qu'il est tout de même cent fois plus intéressant que "Mon cul sur la commode" et autres "Clan des divorcées" (cette fin de phrase s'adresse aussi aux moins jeunes...).
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11:41 Publié dans Critiques, Spectacles jeune public, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique le médecin malgré lui théâtre du gymnase |
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22.11.2011
Le géant Pinder en perte de vitesse... ?

Outre un plateau 2011 plutôt décevant (Les concurrents auraient-ils fait leurs "courses" avant ?), même si l'ensemble des disciplines du cirque traditionnel y est présenté proprement mais sans véritable brio, l'établissement pâtit d'un manque cruel de coordination artistique.
Sophie Edelstein, directrice artistique justement, semble davantage préoccupée par sa carrière télévisuelle (jurée de l'émission d'M6 "Incroyable Talent") que par la cohérence du spectacle présenté sous son chapiteau. Chapiteau qu'elle a quitté cette saison afin d'aller montrer ses grandes illusions dans un cabaret alsacien. Un peu dommage, car on sent bien qu'il n'y a pas grand monde à la barre pour rythmer un show se déroulant laborieusement et faire un tout de ces numéros disparates.
Le cirque a par ailleurs perdu il y a peu un excellent Monsieur Loyal en la personne de Frédéric Colnot, qui avec sobriété et élégance assurait les intermèdes. Son remplaçant, loin d'avoir sa finesse, maltraite la langue française, lorsqu'il parvient à faire une phrase qui se tient, et manie un humour au goût parfois douteux, peu compatible avec la présence des plus jeunes dans l'assistance. Contrairement au apparences, "populaire" n'a jamais rimé avec "vulgaire"...
Ajoutons qu'avant la représentation le public a droit à un pénible et long quart d'heure de publicité en live au centre de la piste... Une nouveauté dans le monde du spectacle vivant qui nous laissa sans voix ! Certes les temps sont durs pour tout le monde, mais dix minutes d'éloges d'une voiture, exposition à l'appui, puis cinq de la radio partenaire et autant d'un troisième sponsor n'ont à mon sens pas leur place ici.
Si la famille Edelstein fait le plein en province durant sa longue tournée annuelle, il est fort à parier qu'elle souffrira difficilement la comparaison à Paris avec les Bouglione et autres Gruss dont "l'emballage" se révèle autrement plus soigné. Et nous ne parlons même pas ici du programme...
Reste un spectacle qui séduira sans aucun doute les plus jeunes, notamment grâce à l'indéniable qualité des numéros d'animaux (superbes fauves, animaux exotiques, éléphants), et la présence d'un jeune acrobate d'une grâce absolue que vous découvrirez dans la vidéo ci-dessous.
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03:28 Publié dans Critiques, Spectacles jeune public, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique cirque pinder 2011 |
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20.11.2011
Petits et grands enchantés par cette flûte !

L'Ecla Théâtre produit et propose depuis plus de 20 ans des pièces du répertoire classique à l'attention du jeune public (en ce moment "Le Médecin Malgré Lui" au Gymnase). Cette année la compagnie s'attaque également à l'opéra, et plus particulièrement à Mozart, avec une séduisante adaptation de "La Flûte Enchantée" mise en scène par Antoine Herbez.
Christian Grau-Stef, l'adaptateur, a repris et simplifié la trame de l'histoire en écrivant de courts et distrayants dialogues à la portée des plus jeunes que le metteur en scène a agrémentés de nombreux effets. Tours de magie, lumière noire, machines à bulles ou à fumée captent l'attention et lient sans lourdeur les airs de l'oeuvre les plus connus.
Les artistes présents sur scène, accompagnés d'un quintet de musiciens, s'en donnent à "choeur joie" dans une fraîcheur et une bonne humeur qui font plaisir à voir... Le casting voix est impeccable. Applaudissons ici les performances de Fanny Crouet, une assez bluffante Reine de la Nuit (pour qui n'y connait pas grand-chose comme moi en tout cas) et du très à l'aise Ronan Debois, alias Papageno, dont les prestations sont des plus justes, tant dans le jeu, franchement drôle, que dans la voix qu'il a fort jolie.
L'ensemble, de facture classique mais de qualité, laissa sans voix les 600 enfants présents dans la salle le jour de ma venue (respect !), et ne devrait pas laisser indifférents vos chères têtes blondes, si vous avez la bonne idée de les arracher à leur ordinateur pour quelques heures...
Je me permettrai une seule réserve à propos de la scénographie qui, si elle a raison d'être simple (cubes de différentes tailles déplacés selon les lieux de l'action et paravents peints), s'avère un peu primaire dans sa réalisation.
Pas de quoi cependant vous empêcher de vous rendre à la Porte Saint-Martin.
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La Flûte enchantée - Mozart / mise en scène Antoine Herbez from Ecla Théâtre on Vimeo.
09:58 Publié dans Critiques, Spectacles jeune public, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique la flûte enchantée mozart ecla théâtre porte saint-mart |
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08.11.2011
Un second film de Michel Ocelot adapté au théâtre...

Si vous êtes parents ou amateurs de longs métrages d'animation (ou les deux), vous connaissez probablement Michel Ocelot. Il est le créateur et réalisateur de "Kirikou", d'"Azur et Asmar", des "Contes de la nuit" ou encore de "Princes et Princesses". L'adaptation scénique de ce dernier, film basé sur la technique du théâtre d'ombre, nous est proposée cet automne au Marigny, reprenant quatre des six contes présents dans l'oeuvre originelle.
Direction l'Afrique, l'Egypte, la Perse, et le Japon pour de jolies histoires au cours desquelles les ombres chinoises réelles de huit artistes se confondent à d'autres ombres virtuelles, animées, évoluant au sein de superbes décors. Si l'on est séduit par le propos et, indéniablement, par l'esthétique de l'ensemble, quelques regrets viennent atténuer notre enthousiasme. D'abord les comédiens qui, même si leur travail est appliqué, ne parviennent à rivaliser avec la finesse et l'élégance du coup de crayon du réalisateur. Ensuite la mise en scène de Legrand Bemba-Debert qui, bien que soignée, se révèle un peu répétitive à mesure que le spectacle avance. Enfin les projections d'images, souvent à la traîne, qui peinent à suivre le rythme des acteurs et perturbent la fluidité du show (mais gageons que cet ultime point sera corrigé au fil des représentations).
Magré les réserves, cette production met en valeur un art superbe, propice à développer l'imagination de chacun, qu'il est plaisant de redécouvrir et de faire découvrir aux plus jeunes, peu habitués à visualiser de la sorte les histoires qui leur sont narrées. Et comme en plus, ici, elles ne sont pas dépourvues de sens, personne ne perdra son après-midi...
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06:33 Publié dans Critiques, Spectacles jeune public, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique princes et princesses théâtre marigny |
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