07.02.2012
Chez Maxim's, une expo Sarah Bernhardt et une tentative de spectacle...

Au numéro 3 de la rue Royale, au dessus du célébrissime restaurant dont il est l'heureux propriétaire, Pierre Cardin a eu la bonne idée de meubler et décorer une douzaine de pièces dans le style Art Nouveau, créant ainsi un ravissant petit musée dédié à ce bref mais néanmoins sublime mouvement artistique apparu à la fin du XIXème, visitable sans qu'il soit nécessaire de réserver une table, détail non négligeable en ces temps de crise...
Jusqu'au 15 mars, une exposition temporaire consacrée à l'illustre Sarah Bernhardt nous est proposée en son sein. Portraits, photos, écrits, bibelots, bijoux, affiches, costumes s'intégrent à merveille dans cet écrin. Et depuis la mi-janvier, tous les dimanches à 15 heures, un seul en scène conclut ou précède, si les visiteurs le désirent, l'évocation de la légende théâtrale. Tentant mais malheureusement déconseillé...
A l'initiative du maître des lieux, Véronique Fourcaud, artiste lyrique, a accepté d'incarner Madame Bernhardt, narrant sa vie et sa carrière, sur un texte adapté de ses mémoires. Or, cette charmante demoiselle n'est pas comédienne. Mais alors pas du tout... Ceci étant posé, on ne s'étendra pas plus longtemps sur la maladresse extrême de la prestation. Ajoutons tout de même que l'adaptation, bien fade, n'aide en rien la pauvre femme à se sortir de ce bourbier de près d'une heure dans lequel on l'a jetée.
Dommage.
Après l'expo, plongez-vous plutôt directement dans "Ma double vie", intitulé des mémoires sus-évoqués, ou dans la passionnante biographie publiée par Henry Gidel chez Flammarion il y a quelques années.
15:29 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique sarah bernhardt toujours musée maxim's |
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05.02.2012
Au théâtre Antoine, une talentueuse équipe autour de Line Renaud...

Plus de trente ans après Madeleine Renaud, vingt cinq ans après Denise Grey, dix sept ans après Danielle Darrieux, Line Renaud s'empare à son tour du rôle de Maude, joyeuse et tendre mamie marginale un peu baba, à laquelle l'actrice donne toute son énergie et son humanité, dans un spectacle à la mise en scène inventive, inspirée, aux effets efficaces et à l'impeccable distribution.
Vous connaissez probablement le pitch de l'oeuvre de Colin Higgins adaptée par Jean-Claude Carrière (qui sauf erreur de ma part a subi ici quelques coupes profitables). Harold, dix-huit ans passés, est un garçon de bonne famille solitaire et renfermé aux idées morbides, passant ses journées à assister aux enterrements d'inconnus ou à mettre au point de faux suicides. Il fait le désespoir de sa mère, Madame Chasen, qui tente en vain de lui trouver une épouse. Son chemin croisera celui de Maude, quatre vingts ans, en qui il trouvera sa première complice, et son premier amour.
Solidement ancré dans le début des 70's, le propos "carpe diem" et "peace and love" pourrait paraître désuet si Ladislas Chollat, metteur en scène, ne l'avait pas subtilement traité, tant dans sa direction d'acteurs que dans ses choix de scénographie et costumes, et si la pièce ne comportait également d'excellents moments de comédie.
Dans ce registre, c'est la brillante Claire Nadeau qui mène la danse, composant une savoureuse Madame Chasen. En bourgeoise légèrement débridée et affligée, elle provoque les rires à chacune de ses apparitions. Soulignons également le soin apporté aux rôles plus modestes. Sophie Bouilloux est parfaite en bonne hystéro subissant les canulars sanglants d'Harold avant de recourir à la marijuana pour rester zen. Chloé Catrin, quant à elle, fait montre de l'ampleur de son talent en campant consécutivement et assez irrésistiblement les trois prétendantes du fils Chasen.
Thomas Solivéres, pour sa part, est un Harold complexe, mystérieux et plein de candeur, s'épanouissant joliment au contact de Maude. L'élégant, poétique et improbable couple qu'il forme avec Line Renaud fonctionne parfaitement et réussit à émouvoir le spectateur.
En conclusion, nonobstant un texte qui indéniablement prend des rides au fil des ans, et quelques erreurs minimes de mise en scène (à l'image de cette otarie en peluche censée être vivante qu'il conviendrait de remiser urgemment en coulisses, ou de la séquence fort brève mais non moins grotesque durant laquelle Line Renaud bêche le plancher du théâtre avec une pelle), le spectacle, s'il n'est pas inoubliable, se révèle fort plaisant.
Un excellent travail de troupe.
Réservez vos places en cliquant ci-contre :
19:19 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique harold et maude line renaud théâtre antoine claire nade |
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03.02.2012
Diastème s'immisce dans les méandres des rapports amoureux...

Sincérité, authenticité, et sobriété : tels sont les maîtres mots de ce joli moment proposé au Ciné 13 Théâtre depuis le mois dernier.
Sur scène, un couple. La trentaine. Elle est comédienne. Il est auteur. Au lever du rideau, ils sont à la terrasse d'un café. Ils se séparent. Faisant des aller-retour avec le passé, nous reconstituons petit à petit l'histoire de ces deux amants, au fil d'instants d'intimité volés se déroulant la plupart du temps dans des lieux publics. Situations contraignant les protagonistes à éviter tout comportement excessif et à exprimer leurs émotions et sentiments (passion, colère...) à travers un calme et une sobriété simplement apparents et d'une fragilité extrême.
Personnages à la fois élégants et cashs, ultra cérébraux. Dialogues concis, denses, vifs et drôles. Jamais verbeux. Diastème, l'auteur, explore la complexité du sentiment amoureux et du couple avec subtilité, dépouillant son propos et sa mise en scène d'artifices trop théâtraux afin d'atteindre une vérité parfois troublante.
En Andréa Brusque et Julien Honoré, il a trouvé de beaux interprètes. Regards intenses chargés de sens, gestuelle épurée, le jeu est intelligent et cherche l'essence des personnages.
Simple, bref (moins d'une heure), juste et efficace.
Allez-y.
Réservez vos places en cliquant ci-contre :

Photo : Richard Schroeder
13:10 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique une scène diastème julien honoré andréa brusque ciné 13 |
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02.02.2012
Toute première fois, toute toute...

On pouvait s'interroger sur l'intérêt d'un blog permettant à chacun de raconter sa première expérience sexuelle. Pourtant deux américains y ont cru...
40 000 témoignages plus tard, une star de Broadway, Ken Davenport, porte à la scène un "best of" de ces récits "fous, étonnants ou émouvants". Hmmm...
1 000 000 de spectateurs plus tard, le producteur de Lagaf' (indice quant à la suite du contenu de ce papier) décide d'en créer la version française. Doit-on le remercier ? Pas sûr...
Car d'anecdotes certes authentiques mais d'une banalité affligeante et mal écrites, parfois presque vulgaires, on ne fait pas une pièce de théâtre, pas plus qu'un vague numéro de stand up, quand bien même on déploierait des trésors d'imagination pour tenter de rendre la chose, si ce n'est drôle, au moins vivante comme l'a fait le metteur en scène espagnol Gabriel Olivares.
On peut toujours les raconter sous la forme de monologues ou de dialogues, en chansons, à l'envers, à l'endroit, en canon, dans le noir, en se déshabillant, en se touchant, en gémissant, ces histoires sont des plus communes et ne retiennent l'attention que d'adolescents prépubères cherchant à s'émoustiller... L'ennui ne lâche le public que pour laisser place au malaise lorsqu'un récit de viol et un autre d'inceste tombent comme un cheveux sur la soupe parmi ces séquences censées déclencher les rires.
Nous ne mettrons pas en cause les comédiens, Astrid Veillon, Belen Lorenzo, David Macquart et David Tournay, qui mouillent la chemise (ou la retirent selon les scènes) et font bien ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Mais sachez-le, ce qu'ils ont est bien peu, et la soirée au Théâtre Michel se révèle dispensable. Tout juste avons-nous esquissé deux sourires en 90 minutes.
11:34 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique ma premiere fois théâtre michel astrid veillon |
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01.02.2012
Voici le TOP 5 du mois de janvier 2012 !
14:05 Publié dans Critiques, FousdeThéâtre TV, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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Le pistolet à bouchon de Calamity Jane...

Auteur des célèbres et triomphales "Palmes de Monsieur Shutz", Jean-Noël Fenwick signa également au début des années 90 une comédie dramatique retraçant la vie épique de Calamity Jane. L'héroïne de la conquête de l'ouest devenue star du Wild West Show avant de mourir dans la pauvreté fut alors incarnée par Agnès Soral. Clémentine Célarié reprend aujourd'hui le rôle dans une version remaniée mise en scène par Alain Sachs.
C'est gentillet...
D'abord parce que la pièce de Fenwick, à vouloir balayer l'intégralité de la vie de cette femme incroyablement moderne pour son époque (aventurière, indépendante, mère divorcée, remariée, artiste...), se révèle terriblement superficielle et anecdotique. Situations et personnages se voient dépourvus d'une profondeur qui leur ferait pourtant grand bien. Force est de constater que cela pêche également du côté des dialogues, d'une efficacité relative tant dans le registre de l'humour que dans celui de l'émotion.
Ensuite parce que la mise en scène de Sachs n'est pas des plus inspirées. Paresseuse, "carton-pâtesque", presque ringarde par moments. Evoquons un manque de rythme, des bagarres pauvrettes et mal réglées, les grotesques postiches d'Yvan Le Bolloc'h dans son deuxième rôle (incarnant un Buffalo Bill proche du Père-Noel), un cheval (un vrai, le pauvre !) dispensable qui fait trois petits tours et puis s'en va... On se croirait dans un spectacle de Savary des années 80.
Par ailleurs, bien trop souvent livrés à eux-même ou guidés dans de mauvaises directions, les comédiens ne semblent pas à l'aise, font parfois preuve d'une certaine maladresse, trafiquent grossièrement leur voix, tombent dans le surjeu, oublient une sincérité essentielle à la crédibilité de leur personnage.
Reste la belle et forte personnalité de Clémentine Célarié, toujours juste et touchante, qui sort malheureusement les rames (une fois de plus au théâtre !) pour emporter l'adhésion d'un public certes pas hostile mais qui attend gentiment que cela se passe...
Dommage.
CALAMITY JANE Bande annonce par ARTSLIVE_ENTERTAINMENT
12:30 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique calamity jane théâtre de paris clémentine célarié yvan |
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29.01.2012
Xavier Simonin, un narrateur en or !

Reprise le 12 février prochain au La Bruyère d'un spectacle vu l'an passé à Vincennes.
Très belle surprise que cette adaptation scénique de "L'Or", de Blaise Cendrars, qui raconte, à travers le parcours de l'aventurier suisse Johann August Suter, la conquête de l'Ouest puis la ruée vers l'Or, la première ayant fait la fortune de celui-ci avant que la seconde n'entraîne sa ruine.
Au cours d'un monologue d'une heure quarante cinq, avec une aisance et un plaisir évidents, une classe absolue, une technique remarquable, une diction qui frôle la perfection et une gestuelle on ne peut plus nette (n'en jetez plus !), le comédien Xavier Simonin séduit et embarque le spectateur dans cette folle aventure superbement ponctuée et habillée par les harmonicas de Jean-Jacques Milteau (Grand Prix du Jazz de la SACEM, collaborateur de Barbara, Montand...).
Maîtrisant une voix qui finit par se fondre dans les compositions du musicien, l'artiste épouse le tempo de celles-ci non seulement dans son phrasé mais jusque dans son corps tout entier. Il nous fascine tant l'ensemble du travail présenté s'avère d'une limpidité et d'une fluidité envoutantes.
On ne peut pas dire que le sujet du spectacle avait particulièrement retenu mon attention. Force est pourtant de constater que Simonin et Milteau ont su m'emmener sans aucune difficulté jusqu'en Californie, en plein dix neuvième siècle, et me passionner pour le destin tragique du malheureux Suter. Et pas seulement grâce à la plume de Cendrars !
Un véritable travail d'orfèvre...
Allez-y.
Tous les dimanches et lundis.
L'OR de Blaise CENDRARS à Vincennes par vincennestv
04:34 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique l'or théâtre la bruyère xavier simonin jean-jacques mil |
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27.01.2012
Joli rendez-vous à ne pas manquer aux Mathurins...

Metteur en scène de plus en plus demandé (Très chère Mathilde, L'Ouest Solitaire, Harold et Maude...), Ladislas Chollat, ancien assistant et collaborateur de Gildas Bourdet, prend la plume pour la première fois et co-signe avec Patricia Haute-Pottier une oeuvre aussi légère qu'intense, s'interrogeant avec simplicité et authenticité, sans grande phrase ni théorie sentencieuse, sur la direction que chacun choisit, ou pas, de donner à sa vie.
On connaissait les pièces traitant des trentenaires ou quadras bobos installés, souvent en crise existentielle, Chollat choisit d'évoquer la décénie qui précède, celle durant laquelle beaucoup de choix sont encore possibles, pour peu que l'on se mette un coup de pied...
Afin d'illustrer son propos, il met en scène Lukas (Nicolas Giraud), jeune homme sage et sans histoire, un peu lisse, bon élève, étudiant honorable, en couple depuis 12 ans avec Nora (Clémentine Poidratz), bientôt marié... Bref, dans un "moule" qu'il s'est lui-même imposé, souhaitant correspondre à l'image que son entourage avait de lui, ses parents ou ses proches, comme son amie Blanche (Aurore Auteuil). L'image de quelqu'un toujours là où on l'attendait. Et puis, soudainement, il décide de "faire une pause" dans cette vie semblant sur des rails, ne se rend pas au rendez vous que Nora lui a donné pour l'essayage de sa robe de mariée, et quitte le domicile conjugal... Une décision qui aura des conséquences sur l'existence des trois personnages évoqués ci-dessus, mais également, de façon plus surprenante, sur celle de Claude (Roger Dumas), écrivain sujet de la thèse de fin d'études de Lukas.
L'écriture est vive, moderne, tendue. Intelligente mais pas prétentieuse. Théâtrale, multipliant situations et séquences : face à face, conversations téléphoniques, échanges épistolaires, monologues... Les mots sonnent juste dans la bouche de protagonistes soigneusement dessinés. Si elle comporte peut-être quelques petites faiblesses, la construction de l'intrigue se tient cependant parfaitement. Un auteur est né, c'est certain.
Pour donner vie à tout ça, quatre comédiens à la sensibilité à fleur de peau qui ont su nous toucher. Nicolas Giraud associe brillamment fragilité et détermination. Clémentine Poidatz nourrit formidablement ses regards et silences. Aurore Auteuil, si elle doit encore apprendre à respirer son texte, fait preuve d'une belle sincérité. Roger Dumas, enfin, incarne avec élégance la sagesse de celui qui, même tardivement, a su donner du sens à sa vie.
A l'image du texte, la mise en scène va à l'essentiel, sans temps mort, d'une appréciable fluidité cinématographique. Le recours à la vidéo et à l'animation par petites touches est d'ailleurs réussi.
Frais, émouvant, positif, parfois naïf mais jamais niais, ce spectacle fait du bien.
Soyez à l'heure (19 heures !) au rendez-vous.
Réservez vos places en cliquant ci-contre :
12:45 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique je ne serai pas au rendez-vous ladislas chollat patrici |
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26.01.2012
L'amusante et dure réalité de la vie d'artiste sur fond d'opérette...

Lorsqu'une diva de seconde zone fait appel à son ex partenaire (à la ville comme à la scène) pour remplacer au pied levé son actuel camarade de jeu malade, "Amours d'Opérette",le récital promis (par Monsieur le maire !) aux habitants d'une petite ville de province ne se déroule pas tout à fait comme prévu. Entre réglements de comptes en coulisses et incidents inévitables, faute de répétition, durant la représentation, la soirée est longue et douloureuse pour les artistes...
Tel est le pitch de ce sympathique divertissement habilement construit, imaginé, écrit et interprété par Florence Andrieu et Flannan Obé qui prennent un malin plaisir à taquiner un genre musical quelque peu désuet. Si la partie "vie privée" du texte aurait sérieusement besoin d'être remaniée par un co-auteur et laisse craindre le pire en début de spectacle, on est très vite embarqué dans une réjouissante, cruelle mais fort juste peinture du métier et de ceux qui le pratiquent (rêves de gloire qui ne se réaliseront jamais, tournées rurales aux dates clairsemées dans des salles qui n'en sont pas avec des régisseurs amateurs...). On assiste également à un véritable spectacle de music hall virant au burlesque le plus total, déclenchant des rires nombreux.
Les voix sont impeccables, belles et puissantes, la mise en scène précise et pleine de trouvailles, permettant de passer de la scène aux coulisses à un rythme endiablé, les gags d'une efficacité imparable (ne les dévoilons pas afin de maintenir l'effet de surprise). Flannan Obé, que certains d'entre vous avaient peut-être pu apprécier dans "La Nuit d'Eliott Fall" l'an passé, dévoile une force comique incroyable qui compense le manque d'expérience théâtrale de sa partenaire, légèrement en sous-régime par rapport à lui, ce que l'on pourra regretter. Evoquons enfin l'appréciable accompagnement au piano d'Yves Meierhans, pour faire revivre avec enthousiasme et légèreté "Les Palétuviers", "Mexico", "Pomme d'api" et autres airs d'Offenbach et consorts...
Créé il y a plusieurs années, "L'envers du Décor" fait son retour dans la capitale au Ranelagh jusqu'au 17 mars. Nul doute qu'il vous fera passer une agréable soirée.
Réservez vos places en cliquant ci-contre :

Photo : Matthieu Salas
11:18 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique l'envers du décor théâtre du ranelagh florence andrieu |
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25.01.2012
Somptueuse trilogie italienne au Français !

Délice absolu que cette nouvelle mise en scène d'Alain Françon nous présentant, plus de trente ans après Giorgio Strehler dans la même maison, la célèbre trilogie de Carlo Goldoni (Les Manies, Les Aventures, et Le Retour de la Villégiature) au cours d'une seule représentation.
Retraduites par Myriam Tanant, ancienne assistante de Strehler, ayant subi quelques coupes afin de donner au spectacle une durée supportable (comptez tout de même quatre heures trente, entractes inclus), ces trois comédies grinçantes, tournant au drame, dépeignant les fastes estivaux d'une bourgeoisie en déclin, dépensant sans compter, plus soucieuse du paraître et du qu'en-dira-t-on que de sa survie financière et du véritable sens de la vie, se révèlent grâce au metteur en scène et aux interprètes français un pur moment de bonheur théâtral, visuellement proche de la perfection, scénographe, costumier et créateur lumière ayant également fait des merveilles.
Le travail de Françon est en effet saisissant de subtilité, de précision et de beauté. Une toile de maître. Chaque scène, Chaque situation, chaque personnage, chaque réplique, chaque geste, est aussi complexe et travaillé que simple et limpide, donnant à entendre Goldoni magistralement, comme il le fit dernièrement avec Tchekhov. Dans la légèreté et dans la profondeur. On peine d'ailleurs à percevoir comment l'on peut monter séparément les trois oeuvres de l'auteur tant elles ne prennent tout leur sens que réunies.

En tête de distribution, deux magnifiques actrices. Anne Kessler, valeur sûre du Français qui triompha l'an passé dans "Un Tramway...", et Georgia Scalliet, arrivée il y a peu, talent à surveiller de près, à mi-chemin entre une Audrey Tautou et une Marion Cotillard. Elles incarnent Vittoria et Giacinta, jeunes filles à marier de deux familles partant en villégiature, capricieuses et insupportables, quintessence d'une insouciance qui finira par avoir raison de leur bonheur. Elles sont irrésistible de drôlerie.
Mais c'est bien toute la troupe qui illumine le spectacle. On aimerait évoquer chacun. Laurent Stocker en réjouissant amoureux "par défaut", un peu teigneux, jaloux à souhait, tentant d'éliminer son rival, le toujours aussi fin Guillaume Gallienne. Hervé Pierre en touchant père en mal d'autorité. Danièle Lebrun, fabuleuse en vieille folle amoureuse de Michel Vuillermoz, pique assiette doublé d'un mufle auquel il donne toute sa dimension. Mais encore Bruno Raffaelli en sobre, sage et élégant marieur pragmatique, Elsa Lepoivre et Eric Ruf en serviteurs fidèles inculquant du bon sens à leurs maîtres... Ils sont tous formidables, drôles, émouvants, sincères, parfaitement distribués et font honneur à leur maison.
On ne pouvait rêver plus belle inauguration pour le Théâtre Ephémère !
Courez-y !
Jusqu'au 12 mars au Théâtre Ephémère. 19 heures.
Photos : Christophe Raynaud de Lage
13:32 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique trilogie de la villégiature comédie française |
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