Emma, le musical…

Emma, le musical…

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Qu’elle est inattendue, audacieuse, réjouissante, malicieuse, émouvante, l’adaptation en mode cabaret du monument de la littérature française signé Gustave Flaubert, heureux digest taquinant parfois l’ouvrage mais en préservant toujours l’essence, emmené avec alacrité par un épatant quatuor d’acteurs-chanteurs-musiciens. Encore une proposition du Poche-Montparnasse qui devrait sans nul doute séduire un large public et par ailleurs pousser insidieusement nos adolescents, plus addicts à la console de jeux ou aux réseaux sociaux qu’à nos bons vieux classiques, à se saisir sans rechigner du fameux pavé inscrit (le saviez-vous ?) au programme du bac 2016 tant la chose s’avère accessible et enchanteresse.

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Au théâtre, l’histoire d’Emma, fille de paysan, commence en chanson. Celle de son mariage avec Charles, jeune officier de santé, que célèbre une entraînante fanfare champêtre. Violon, bandonéon, harmonica, guitare acoustique portent les voix des interprètes qui de l’intrigue seront aussi narrateurs et protagonistes divers, au fil d’une représentation merveilleusement protéiforme, n’étant pas sans nous rappeler les délicieux spectacles des Epis Noirs. Récit, dialogues concis, cocasses, piquants, ou couplets émouvants conteront donc l’ennui, la mélancolie gagnant “Madame Bovary“, épouse d’une homme attentionné, sans grande ambition, pour lequel son amour ne tarde pas à disparaître, femme au foyer rêvant d’une existence plus excitante, d’une vie mondaine loin de sa campagne, de bals, d’émancipation, de passion, de voyage. Et finalement passant à l’acte, prenant un amant, puis un autre, dépensant sans compter. A l’ennui initial succèderont l’euphorie puis le désespoir. Fatal…

Sur scène, presque rien. Disposés sur un imprimé bucolique recouvrant sol et murs, quatre chaises, une table, trois accessoires. Ambiance sonore et musiques remarquablement travaillées. Aux instruments sus-cités, viennent s’ajouter guitare électrique, piano d’enfant ou encore sampler, permettant d’offrir au spectacle une multitude de couleurs, de climats. A l’image de l’oeuvre originelle. Extras, les comédiens faisant formidablement leur le script astucieux de Paul Emond, brossant sans artifice des portraits aboutis. A commencer par Sandrine Molaro, superbe dans le rôle titre. Energique, Pétillante, à fleur de peau, bouleversante, traversant et restituant magnifiquement états et sentiments (nombreux !) du personnage. Parfait David Talbot en mari bienveillant, d’une naïveté, d’une candeur confondantes, à la fois risibles et touchantes. Truculent Félix Kyzyl en odieuse belle-mère (entre autres). Impeccable Gilles-Vincent Kapps en châtelain séducteur.

Equipe et travail admirable.

N’hésitez pas !

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Photos : Brigitte Enguerand

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