02/05/2013
Aux Mathurins, un quatuor maladroit ânonne des vers gentillets...

Au sortir du théâtre l'autre soir, nous revint à l'esprit l'expression de l'un de nos anciens professeurs d'art dramatique qui disait lorsqu'un travail présenté ne lui semblait pas abouti : "En costumes, avec de la lumière et des décors derrière, ça devrait aller"... Dans le cas qui nous intéresse ici, la troupe emmenée par Cyrielle Clair aura eu beau envahir la minuscule scène des Petits Mathurins de nombreux éléments de décors et tenté d'épater la galerie avec maint changements de tenues, l'amateurisme et l'approximation de la représentation à laquelle nous assistâmes demeurèrent flagrants...
Un mot de la pièce, peut-être ? Hippolyte Wouters, écrivain belge, évoque en quelques tableaux, et en alexandrins, le destin de Ninon de Lenclos qui fut une grande amie de Françoise D'Aubigné, avant que cette dernière ne devienne Madame de Maintenon, et met en parallèle le parcours de ces femmes. L'une amoureuse de la vie, l'autre du pouvoir, toutes deux étonnement indépendantes et modernes pour le XVIIème siècle qui les vit exister.
N'est pas Françoise Chandernagor ("L'Allée du Roi") ou Jacques Rampal ("Célimène et le Cardinal") qui veut. Cependant la partition, sans être palpitante, n'a rien de honteux. L'écriture est appliquée. Les vers sont troussés avec une certaine adresse. L'ensemble manque de virtuosité mais le moment eut pu se révéler plaisant s'il avait été porté par des comédiens plus aguerris.
Or la technique du vers et plus généralement celle du plateau font cruellement défaut à chacun des membres de la distribution (Cyrielle Clair, Pauline Macia, Sacha Petronijevic, Sylvain Clama). Nous n'entrerons pas dans les détails... Disons que l'on oscille tout du long entre maladresse et fausseté. On récite sans jouer. On met des points à chaque fin de vers... Très vite la curieuse sensation d'assister à une représentation de fin d'année nous envahit.
Les postiches grossiers ou la déco BHV n'aident pas non plus...
On pourra donc s'abstenir.
"Ninon Lenclos ou la Liberté". Jusqu'au 29 juin.

Photo : Lot
16:43 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique ninon de lenclos théâtre des mathurins cyrielle clair |
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FousdeThéâtre TV : au Français, Volodia Serre monte Oblomov...

Photo : Sarah Robine
07:44 Publié dans FousdeThéâtre TV, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oblomov comédie française |
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01/05/2013
FousdeThéâtre.com vous invite à la Comédie Française...

Aujourd'hui, en partenariat avec le Français, nous vous proposons de gagner vos places pour "Les Trois Soeurs" de Tchekhov, superbe spectacle créé en 2010. 10X2 places sont en jeu pour la représentation du 12 mai prochain à 14h, salle Richelieu. Afin de les remporter, faites simplement partie des plus rapides à répondre à la question suivante :
Qui met en scène "Les Trois Soeurs" à la Comédie Française ?
Envoyez la réponse, accompagnée de vos coordonnées complètes, à :
Et les gagnants sont : Gladys L. Yann S. Daniel C. Kimly E.
Anne Dorothée L. Christophe C. Robert B. Eliane D. Arthur B. et Lucile J.
Bravo à eux !

Photo : Christophe Raynaud de Lage
09:17 Publié dans Concours | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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30/04/2013
La saisissante rencontre de deux grands acteurs...

Il y a dix-sept ans, ce face à face ecclesiastique musclé imaginé par Bill C. Davis permit à Jean Piat et Francis Lalanne de triompher plus de 700 représentations durant, à Paris et en tournée. De retour au Rive Gauche depuis le week end dernier dans une mise en scène punchy et moderne de Steve Suissa, il révèle cette fois-ci l'évidente et intense complicité du duo Francis Huster-Davy Sardou qui pourrait bien ne pas quitter les planches de sitôt. Alléluia !
Quand un jeune séminariste ayant vécu l'enfer, passé notamment par la prostitution, croise le chemin d'un prêtre plus âgé, installé, fortement porté sur la boisson, ce sont deux façons d'envisager la religion, l'Eglise, la société et la vie qui s'affrontent. D'abord violemment, avant d'opérer un bouleversant rapprochement. Pourquoi refuser aux femmes le droit de sacerdoce ? Et aux prêtres le mariage ? Quid de la position de l'Eglise sur l'homosexualité ? Comment vivre dans le mensonge ? Dans l'acceptation de règles parfois dépassées , dans la soumission à une hierarchie sourde aux maux et à la réalité du monde ? En ayant laissé s'enfuir la foi qui nous guidait ? Et puis a-t-on le droit de renoncer à nos aspirations ? Doit-on prendre le risque de tout foutre en l'air afin de les atteindre ?
Quête de soi ou perte de foi... Tim Farley et Mark Dolson auront besoin l'un de l'autre pour retrouver leur voie. Ce qui ne manquera pas d'arriver au fil de neuf tableaux dialogués avec soin, enlevés, amusants, piquants, prenants, percutants, touchants, et transpirant d'humanité, dévoilant des êtres attachants, aux blessures profondes, renvoyant le spectateur à ses propres choix de vie.
Au sein d'une église contemporaine élégamment designée par Stéphanie Jarre (béton ciré et vitraux rétro-éclairés par des leds), Steve Suissa dirige d'une main de maître ses comédiens. Parvient à contenir le jeu d'un Francis Huster généreux, passionné et donc (parfois) excessif. Ici l'ancien pensionnaire du Français fait montre de sobriété, de nuance, prend son temps pour nous laisser pénétrer l'âme torturée de son personnage. Regards profonds. Silences nourris. Gestuelle des plus précises. Il partage par ailleurs le plateau sans jamais tirer la couverture, et offre à son partenaire une écoute irréprochable. De son côté, jouant les chiens fous en liberté (très surveillée), Davy Sardou épate par l'apparente facilité avec laquelle il déroule un jeu d'une incroyable richesse, se renouvelant à chaque réplique, est force de proposition permanente pour son interlocuteur. "L'Affrontement" de ces deux-là tourne rapidement à la communion théâtrale la plus parfaite. Pour notre plus grand bonheur.
En résumé, un excellent moment de théâtre, aussi fort que divertissant, monté avec rythme et fluidité, porté un bande son ultra présente, et surtout par deux formidables interprètes.
A voir donc...
Au moins jusqu'à l'été.
Réservez vos places en cliquant ci contre :
L'affrontement from Théâtre Rive Gauche on Vimeo.
18:04 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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