Prendre 30 ans mais pas une ride…

Prendre 30 ans mais pas une ride…

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Tel est l’exploit réalisé par “Les Voisins du dessus“, amusant boulevard de Laurence Jyl créé dans les années 80 par Marthe Mercadier et Pierre Doris, ayant marqué les mémoires (en tout cas la nôtre…) pour cause de multiples diffusions sur le petit écran, transposé en version homo à la fin des années 90 (alors portée par le duo Michel Roux Jean-Luc Moreau), qui nous revient à la Comédie Bastille dans un revival mixant adroitement V1 et V2. Secret de cette résistance au temps qui passe ? Une situation originale et solide sur laquelle s’appuient des dialogues bien ficelés, indéniablement efficaces, discrètement et intelligemment liftés, brassant des thèmes éternels (peur de vieillir, désir d’enfant…), ainsi qu’une distribution à la hauteur. Résultat : un divertissement de bonne tenue, évitant lourdeurs et facilités, pour qui apprécie le registre.

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Venant tout juste d’emménager, deux  jeunes mariés hétéros, déjà vieux (et plan-plan…) dans leur tête. A l’étage supérieur, un couple d’homos plus âgés, très (TRES) jeunes dans la leur, légèrement envahissants, profitant d’une retraite anticipée pour cause de jackpot décroché à la loterie, continuant cependant à vivre au rythme du cabaret qui les employait. C’est à dire la nuit. Et en musique. Fantaisie des uns, austérité des autres, les relations de voisinage vont faire des étincelles…

En metteurs en scène aguerris, Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé ne révolutionnent certes pas le genre mais font le job sans qu’on y trouve à redire, signant un travail carré. Spectacle parfaitement cadencé. Comédiens au cordeau. Toujours justes, même s’ils pourraient parfois, peut-être, laisser davantage respirer texte et personnages afin d’affirmer, épaissir, propos et situations. En gays se rêvant grands-parents, Didier Constant et Bernard Fructus nous épargnent les caricatures d’antan sans toutefois nier les caractères hauts en couleurs de ceux qu’ils incarnent. Epatants. Parfois touchants. Face à eux, remontés comme des pendules, Déborah Krey et Jean-Baptiste Martin leur renvoient parfaitement la balle. Une joyeuse bande qui assurément n’est pas pour rien dans la réussite de la version 2015 d’une partition apparemment increvable.

Alors pourquoi pas.

Car en ce moment, rire fait grand bien…

Photos : Fabienne Rappeneau

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