Rétro-sexy-chic, du cirque bien emballé et sacrément emballant…

Rétro-sexy-chic, du cirque bien emballé et sacrément emballant…

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Le Cabaret Sauvage, splendide et dépaysant Magic Mirror du parc de la Villette valant à lui seul le déplacement, accueille pour une quarantaine de dates la troupe hongroise Recirquel qui, afin de créer son nouveau spectacle, s’inspira du climat émanant des photos de Brassaï, et propose une série de tableaux “années 20“, chantés, chorégraphiés, léchés, aboutis, dans lesquels se fondent des numéros circassiens à la fois traditionnels et originaux, de belle facture, emmenés par de jeunes athlètes-interprètes tenant jusqu’au bout concept, scénarios et personnages imaginés. Ce voyage au coeur des bas fonds sombres et enfumés d’un Paris disparu, explorant un milieu interlope délicieusement fantasmé, où les filles de petite vertu croisent les mauvais garçons, où les couples de tout genre, d’une nuit, d’une heure, se font et se défont sous nos yeux, où rivalités et conflits se règlent via des affrontements acrobatiques, où l’exploit côtoie burlesque et poésie, où le public devient acteur, s’avère une réussite. Sur tous les plans. Subtil, élégant, nerveux, viril, sexy et souvent bluffant. Parfait pour les fêtes.

Sous un chapiteau aux possibilités d’accroches pourtant extrêmement réduites, nous est donné à applaudir un appréciable éventail d’agrès et disciplines. Aux figures parfois inédites. Corde, tissus aériens, mât oscillant, cerceau, roue allemande… Technique toujours irréprochable. Remarquable funambule sur talons aiguilles (pour notre part du jamais vu) qui cédera son fil à une pétillante effeuilleuse non moins adroite sur l’étroit perchoir. Tombant également jupe et corset, hilarante assistante mal lunée d’un jongleur épatant (massues). Grimpant sur les tables autour desquelles l’auditoire se désaltère, n’hésitant pas à lui faire de l’oeil, aguicheurs à souhait, charmantes et charmants équilibristes aux corps sculpturaux, aux  muscles saillants… Admirable encore, ce numéro de fil souple exécuté par un artiste à la grâce féline. Tordante cette vaine tentative de dressage d’un gorille finissant par dresser la dresseuse, ou ce duo clownesque suspendu à l’éclairage de la piste comme à un trapèze, essayant tant bien que mal d’en descendre. Vraie performance. On en oublie…

Au rythme des compositions inspirées de Peter Sarik, restituées en live par un orchestre de six talentueux musiciens, partenaires essentiels, la bande arborant hauts-de-forme, corsets, bas noirs et queues de pie passe donc du chant (profondément habité) à la danse (sensuelle et provoquante). De la danse au jeu (malicieux et gentiment dévergondé). Du jeu au cirque (parfaitement intégré). Pour une représentation sans rupture, d’une superbe fluidité, harmonieuse, envoûtante, obsédante, enthousiasmante, conduite par Bence Vagi, metteur en scène chorégraphe, cofondateur de Recirquel.

N’hésitez pas.

Paris de Nuit“.

Jusqu’au 3 janvier 2016.

Photo : DR

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