Simplicité, créativité et virtuosité de la compagnie XY…

Simplicité, créativité et virtuosité de la compagnie XY…

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Proposition de cirque contemporain épurée, généreuse, drôle, euphorisante, à l’Espace Chapiteaux de la Villette,  par une troupe désormais bien connue des amateurs du genre, ayant parcouru le monde entier depuis dix ans avec ses deux premiers spectacles. En 2005, ils étaient  six au centre de la piste. Aujourd’hui vingt-deux artistes prennent remarquablement possession du cercle de lumière (d’ailleurs carré) et portent haut “Il n’est pas encore minuit“, création collégiale qu’accompagne le chorégraphe Loïc Touzé, faisant danser tout ce petit monde sur des mouvements de “Lindy hop“, surprenant, rafraîchissant mélange de breakaway, charleston et collegiate (nous souffle-t-on dans l’oreillette…) dont nous avions eu grand tort d’ignorer l’existence jusqu’alors, car voilà qui donne furieusement envie de se trémousser.

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Plateau nu. Pas de décor. Sobriété des éclairages. Sobriété des costumes. Tenues de ville subtilement coordonnées dans des nuances de gris et blanc. L’Homme comme “outil“ principal. Pas d’agrès traditionnel, ou presque. Seule une bascule vient donner, de temps à autre, un peu d’élan aux acrobates dans l’exécution de leurs figures souvent époustouflantes, techniquement irréprochables. Travail de voltige, de main à main, de corps à corps saisissant de fluidité, de maîtrise, de plaisir. Incroyables “jetés-rattrapés“, portés, arrêts en plein vol…  Pyramides humaines vertigineuses, fascinante ronde à deux étages composée-décomposée-recomposée (comme une glace qui fondrait et se reconstituerait). Superbe marche nocturne d’une demoiselle sur les bras tendus de partenaires se mouvant en grappe au sol. Trouvailles extraordinaires que ces planches de bois faisant office de trampolines par la magie des biceps « élastiques » des porteurs…

La représentation démarre par une bagarre acrobatique générale évoluant en chorégraphie singulière. S’achève dans une hilarité collective des plus communicatives. Entre temps chacun est allé au bout de lui-même. Avec l’autre. Grâce à l’autre. Dans un spectacle où l’humain, le partage, l’écoute, la complicité l’entraide paraissent au moins aussi importants que la performance, que le plaisir de s’envoyer en l’air… Voilà qui fait magnifiquement fi de l’esbroufe sans renoncer au spectaculaire pour produire une poésie brute, authentique, réjouissante et extrêmement émouvante. Voilà qui touche l’essentiel d’un art ici sublimé.

Bravo.

Et merci.

Jusqu’au 27 décembre.

Avec Abdeliazide Senhadji, Amaia Valle, Andres Somoza, Airelle Caen, Alice Noel, Ann-Katrin Jornot, Antoine Thirion, Aurore Liotard, Charlie Vergnaud, David Badia Hernandez, David Coll Povedano, Denis Dulon, Evertjan Mercier, Guillaume Sendron, Gwendal Beylier, Jérôme Hugo, Mohamed Bouseta, Romain Guimard, Thomas Samacoïts, Thibaut Berthias, Xavier Lavabre et Zinzi Oegema.

Photos : Christophe Raynaud de Lage

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