22.12.2011

Un show familial un peu mou mais néanmoins sympathique...

critique batman live bercy

A Bercy, grand spectacle à destination des enfants et des fans de comics mêlant les personnages de la célèbre BD (le Joker, le Pingouin, Catwoman, Robin... ils sont tous là !) à des numéros de cirque appliqués, de qualité mais pas époustouflants, avec pour fil conducteur une histoire archi simple afin d'être compréhensible des plus jeunes (mais on a vu plus "cucul"...).

Scénographie impressionnante, réelle et virtuelle, notamment grâce à l'intelligente exploitation d'un écran géant prolongeant le décor en dur, insufflant également du mouvement dans l'action, beaux costumes, nombreux artistes sur scène, effets spéciaux récréatifs, de quoi divertir vos bambins sans pour autant vous laisser de côté. Les parents bon public peuvent en effet également y trouver leur compte...

Quelques réserves cependant à propos de ce show qui tourne dans le monde entier. Une bande playback française assez "gratinée", la prod ayant visiblement renoncé à embaucher de véritables comédiens pour l'enregistrer (nous ne voyons pas d'autre explication...). Les dialogues sonnent franchement faux, sont traduits à la va vite et font parfois rire malgré eux. Enfin l'ensemble se révèle d'une lenteur absolument incompréhensible ! (Batman serait-il suisse ?). Faute de rythme (resserré comme il devrait l'être, le spectacle  durerait 20 minutes de moins), l'ennui gagne progressivement le public. Dommage.

Jusqu'à dimanche. Il reste des places.

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Spectacle Batman Live : la bande-annonce par WarnerBrosPicturesFrance

01.12.2011

Du grand art et de belles valeurs chez les Gruss...

critique empreintes cirque gruss

La trente-huitième création du Cirque National Alexis Gruss est sans nul doute celle de la maturité pour son metteur en piste Stefan Gruss, promu à ce poste par son père Alexis qui souhaitait passer la main il y a quelques années. Précise, rythmée, dense, élégante et porteuse de sens, elle permet au cirque à l'ancienne de s'imposer une fois encore comme l'un des plus grands, garant d'un savoir faire et d'une excellence inégalés dans l'art équestre, transmis de génération en génération avec passion. Car chez les Gruss, l'amour du cheval semble de toute évidence se trouver dans les gênes. 

critique empreintes cirque gruss

Deux parties bien distinctes composent le spectacle. La première, entièrement consacrée à la plus belle conquête de l'homme, est un vibrant et poignant hommage aux différentes techniques de dressage présentées en piste depuis 1768 (année de naissance officielle du cirque). Un étonnant et somptueux carrousel de plus de vingt chevaux conduit par Gipsy Gruss ouvre les hostilités, sur un envoutant Boléro de Ravel (orchestre live). Pour sa part, Alexis Gruss, seul ou accompagné, brille au cours de nombreux exercices de haute école et de dressage en liberté. Sa maîtrise de l'animal et la douceur employée ajoutées à une réalisation parfaite émeuvent au plus haut point. Sous son regard, tous les artistes se livrent à d'extraordinares acrobaties équestres (voltige, pyramide, amazone, écuyère à panneau...). On rit également grâce à l'amusante reprise de Francesco Fratellini, perpétuant là encore avec panache une tradition clownesque familiale, ou grâce à l'éléphante devenue barbier d'un jour. Costumes raffinés, lumières harmonieuses et subtiles achèvent superbement cet enchantement.

Dans la seconde partie, à la fois moins exceptionnelle et plus courte, la nouvelle génération s'émancipe et, forte de ce qui lui a été enseigné, explore avec un talent certain ou en devenir les arts de la piste plus récents, sur des musiques et une scénographie contemporaines, cherchant à son tour à laisser une "empreinte". Numéros de contorsion, jonglage, mât chinois, ou encore échelle libre (formidable Firmin Gruss !) se succèdent sans temps mort avant un final à cheval où toute la dynastie se trouve réunie... 

Tradition, passion, et mémoire font bon ménage avec travail, rigueur, innovation et modestie sous le chapiteau familial, au cours d'un spectacle de très haute qualité, doté de belles images et riche en émotion.

Quelle famille !

"Empreintes". Jusqu'en mars 2012, porte d'Auteuil à Paris.

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Photos : alexis-gruss.com

29.11.2011

Un Molière moderne et enlevé au Gymnase...

critique le médecin malgré lui théâtre du gymnase

Dans la lignée du théâtre de tréteaux qu'appréciait Jean-Baptiste Poquelin, L'Ecla Théâtre, spécialiste en spectacles pour enfants, propose, sous la houlette de Laëtitia Guédon, un "Médecin Malgré Lui" à la portée de tous, rythmé, drôle, et plein de trouvailles.

Vous connaissez probablement l'histoire. Afin de se venger de son mari Sganarelle, rustre alcoolisé du matin au soir qui une fois de plus l'a rouée de coups, Martine fait passer celui-ci pour médecin. Il se verra contraint de soigner, malgré lui, une jeune fille de bonne famille devenue muette depuis que son père l'a promise à un homme qu'elle n'aime pas... Cette pétillante comédie de Molière est à la fois une satire de la médecine, une amusante peinture du couple, des milieux paysans et bourgeois, et une ode à l'amour libre en même temps qu'une déclaration de guerre au mariage forcé. Comme toujours chez l'auteur, le propos est intemporel et indémodable.

L'intelligente mise en scène de Laëtitia Guédon brasse et met en avant de façon contemporaine ces différentes cultures, classes sociales et ethnies. Le rideau  se lève sur un camp gitan euphorique qui n'est pas sans faire penser à ceux des films de Kusturica ("Chat noir chat blanc", "Le temps des gitans"...). Il se baisse alors que nous sommes sur le quai du métro Barbès. Entre les deux, le spectateur fait un tour chez un marchand de tissu africain. Le voyage est réussi, notamment grâce à l'astucieuse scénographie de Soline Portmann qui assure une appréciable fluidité à l'action (une boîte "accordéon" qui se déplie, se replie, et dont les fonds se retournent en quelques secondes).

La distribution est honnête, portée du début à la fin par Teddy Mélis qui compose un réjouissant Sganarelle, roublard à souhait. Doté d'une force comique patente, d'un parfait sens du rythme et d'une technique irréprochable, il compense, sans "tirer la couverture", les quelques faiblesses de certains de ses camarades de jeu. Le garçon devrait rapidement faire parler de lui.

Cette production se révèle une excellente occasion de donner à voir le théâtre classique aux plus jeunes, avant que leurs professeurs de français ne les en dégoûtent et qu'il ne soit trop tard pour leur faire comprendre que non, Molière n'est pas ch... et qu'il est tout de même cent fois plus intéressant  que "Mon cul sur la commode" et autres "Clan des divorcées" (cette fin de phrase s'adresse aussi aux  moins jeunes...). 

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Le Médecin malgré lui / Molière from Ecla Théâtre on Vimeo.

24.11.2011

Faites découvrir Marcel Aymé à vos enfants...

critique contes du chat perché lucernaire

Les aventures de Delphine, Marinette et leurs amis à poils et à plumes ont probablement marqué la mémoire des jeunes lecteurs que vous fûtes. Le metteur en scène Thierry Jahn a eu la bonne idée de s'emparer de quelques uns de ces "Contes du Chat perché" signés Marcel Aymé afin d'en restituer sur scène toute la drôlerie, la poésie, et le charme, à la fois délicieusement suranné et intemporel. 

critique contes du chat perché lucernaire

Autour d'un petit castelet transformable, faisant également office de kiosque à musique ou d'engin volant non identifié, et d'un arbre imposant sur lequel ira se percher... un coq (!), trois comédiens donnent vie aux nombreux protagonistes de ces amusantes histoires, incarnant avec esprit, sans les singer, les animaux qui entourent nos deux héroïnes. Chansons, projections vidéos, marionnettes, chorégraphies... Le spectacle éveille  les enfants à toutes les formes de représentation dans une jolie simplicité et fait merveilleusement travailler leur imagination.

Si l'ensemble mériterait d'être un peu resserré ou parfois précisé, notamment dans l'interprétation des chansons, cette adaptation se révèle de fort belle facture, inspirée, à l'esthétique réussie et permet d'accéder à l'un de nos grands auteurs. Loin des productions jeune public à gros budget souvent criardes et dénuées de toute qualité artistique, ici fond et forme se trouvent réunis pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

Un agréable moment, à découvrir au Lucernaire jusqu'en janvier 2012.

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critique contes du chat perché lucernaire

Photos : La Bigarrure

22.11.2011

Le géant Pinder en perte de vitesse... ?

critique cirque pinder 2011

Outre un plateau 2011 plutôt décevant (Les concurrents auraient-ils fait leurs "courses" avant ?), même si l'ensemble des disciplines du cirque traditionnel y est présenté proprement mais sans véritable brio, l'établissement pâtit d'un manque cruel de coordination artistique.

Sophie Edelstein, directrice artistique justement, semble davantage préoccupée par sa carrière télévisuelle (jurée de l'émission d'M6 "Incroyable Talent") que par la cohérence du spectacle présenté sous son chapiteau. Chapiteau qu'elle a quitté cette saison afin d'aller montrer ses grandes illusions dans un cabaret alsacien. Un peu dommage, car on sent bien qu'il n'y a pas grand monde à la barre pour rythmer un show se déroulant laborieusement et faire un tout de ces numéros disparates. 

Le cirque a par ailleurs perdu il y a peu un excellent Monsieur Loyal en la personne de Frédéric Colnot, qui avec sobriété et élégance assurait les intermèdes. Son remplaçant, loin d'avoir sa finesse, maltraite la langue française, lorsqu'il parvient à faire une phrase qui se tient, et manie un humour au goût parfois douteux, peu compatible avec la présence des plus jeunes dans l'assistance. Contrairement au apparences,  "populaire"  n'a jamais rimé avec "vulgaire"...

Ajoutons qu'avant la représentation le public a droit à un pénible et long quart d'heure de publicité en live au centre de la piste... Une nouveauté dans le monde du spectacle vivant qui nous laissa sans voix ! Certes les temps sont durs pour tout le monde, mais dix minutes d'éloges d'une voiture, exposition à l'appui, puis cinq de la radio partenaire et autant d'un troisième sponsor n'ont à mon sens pas leur place ici.

Si la famille Edelstein fait le plein en province durant sa longue tournée annuelle, il est fort à parier qu'elle souffrira difficilement la comparaison à Paris avec les Bouglione et autres Gruss dont "l'emballage" se révèle autrement plus soigné. Et nous ne parlons même pas ici du programme...

Reste un spectacle qui séduira sans aucun doute les plus jeunes, notamment grâce à l'indéniable qualité des numéros d'animaux (superbes fauves, animaux exotiques, éléphants), et la présence d'un jeune acrobate d'une grâce absolue que vous découvrirez dans la vidéo ci-dessous. 

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20.11.2011

Petits et grands enchantés par cette flûte !

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L'Ecla Théâtre produit et propose depuis plus de 20 ans des pièces du répertoire classique à l'attention du jeune public (en ce moment "Le Médecin Malgré Lui" au Gymnase). Cette année la compagnie s'attaque également à l'opéra, et plus particulièrement à Mozart, avec une  séduisante adaptation de "La Flûte Enchantée" mise en scène par Antoine Herbez.

Christian Grau-Stef, l'adaptateur,  a repris et simplifié la trame de l'histoire en écrivant de courts et distrayants dialogues à la portée des plus jeunes que le metteur en scène a agrémentés de nombreux effets. Tours de magie, lumière noire, machines à bulles ou à fumée captent l'attention et lient sans lourdeur les airs de l'oeuvre les plus connus.

Les artistes présents sur scène, accompagnés d'un quintet de musiciens, s'en donnent à "choeur joie" dans une fraîcheur et une bonne humeur qui font plaisir à voir... Le casting voix est impeccable. Applaudissons ici les performances de Fanny Crouet, une assez bluffante Reine de la Nuit (pour qui n'y connait pas grand-chose comme moi en tout cas) et du très à l'aise Ronan Debois, alias Papageno, dont les prestations sont des plus justes, tant dans le jeu, franchement drôle, que dans la voix qu'il a fort jolie.

L'ensemble, de facture classique mais de qualité, laissa sans voix les 600 enfants présents dans la salle le jour de ma venue (respect !), et ne devrait pas laisser indifférents vos chères têtes blondes, si vous avez la bonne idée de les arracher à leur ordinateur pour quelques heures... 

Je me permettrai une seule réserve à propos de la scénographie qui, si elle a raison d'être simple (cubes de différentes tailles déplacés selon les lieux de l'action et paravents peints), s'avère un peu primaire dans sa réalisation.

Pas de quoi cependant vous empêcher de vous rendre à la Porte Saint-Martin.

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La Flûte enchantée - Mozart / mise en scène Antoine Herbez from Ecla Théâtre on Vimeo.


08.11.2011

Un second film de Michel Ocelot adapté au théâtre...

critique princes et princesses théâtre marigny

Si vous êtes parents ou amateurs de longs métrages d'animation (ou les deux), vous connaissez probablement Michel Ocelot. Il est le créateur et réalisateur de "Kirikou", d'"Azur et Asmar", des "Contes de la nuit" ou encore  de "Princes et Princesses". L'adaptation scénique de  ce dernier, film basé sur la technique du théâtre d'ombre, nous est proposée cet automne au Marigny, reprenant quatre des six contes présents dans l'oeuvre originelle.

Direction l'Afrique, l'Egypte, la Perse, et le Japon pour de jolies histoires au cours desquelles les ombres chinoises réelles de huit artistes se confondent à d'autres ombres virtuelles, animées, évoluant au sein de superbes décors. Si l'on est séduit par le propos et, indéniablement, par l'esthétique de l'ensemble, quelques regrets viennent atténuer notre enthousiasme. D'abord les comédiens qui, même si leur travail est appliqué, ne parviennent à rivaliser avec  la finesse et l'élégance du coup de crayon du réalisateur. Ensuite la mise en scène de Legrand Bemba-Debert qui, bien que soignée, se révèle un peu répétitive à mesure que le spectacle avance. Enfin les projections d'images, souvent à la traîne, qui peinent à suivre le rythme des acteurs et perturbent la fluidité du show (mais gageons que cet ultime point sera corrigé au fil des représentations).

Magré les réserves, cette production met en valeur un art superbe, propice à développer l'imagination de chacun, qu'il est plaisant de redécouvrir et de faire découvrir aux plus jeunes, peu habitués à visualiser de la sorte les histoires qui leur sont narrées. Et comme en plus, ici, elles ne sont pas dépourvues de sens, personne ne perdra son après-midi...

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31.10.2011

Jamais trop tôt pour transmettre le goût du théâtre aux enfants...

critique t'choupi fait son spectacle casino de paris

JA-MAIS !

Mais pour "T'choupi fait son spectacle", croyez en ma fraîche expérience de ce week end, attendez tout de même qu'ils aient atteint leur troisième anniversaire si vous ne voulez pas vous trouver dans l'obligation de quitter la salle à l'entracte pour cause de bambin commençant à perdre patience... Ce serait en effet regrettable, car si de toute évidence vous vous remettrez d'ignorer comment s'est passé l'anniversaire de Maman T'choupi, ce sympathique spectacle, qui s'adresse donc aux plus de trois ans, est plutôt de qualité et joliment produit.

Alors que bien souvent les shows présentant des héros sous licence (Franklin, Dora...) voient l'intégralité de leur budget absorbée par la marque en question et délaissent tout travail de création, Il est  plaisant de constater ici qu'aucun poste n'a été négligé. De l'imposant décor en relief réalisé avec soin, là où d'aucuns se contentent du minimum syndical (en général une toile peinte), en passant par l'écriture et la mise en scène.

Reprenant les personnages des best sellers de Thierry Courtin, Jean-François Bordier, auteur d'ouvrages jeunesse et ancien animateur tv pour enfants, a imaginé des situations, des dialogues et des chansons adaptés au public visé. Simples bien sûr, ancrés dans un quotidien connu des 3-6 ans et calibrés au plus juste. La brièveté et la diversité des séquences permettant de capter et conserver les attentions les plus volatiles.

La mise en scène de Caroline Duffo et Stéphan Guérin Tillié va également dans ce sens. Il se passe toujours quelque-chose sur le plateau; chansons, tours de magie, chorégraphies, interactivité avec le public... Fluide, tout en douceur, sans hurlement ou agitation inutile, rien qui n'agresse l'oeil ou l'oreille, et loin d'une certaine vulgarité devenue ordinaire y compris dans les produits à destination des tout petits, leur travail est fort appréciable.

Vive T'choupi !

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Pour votre information personnelle, dans la vidéo ci-dessous, Jean-François Bordier n'est pas Jean-François Bordier mais Stéphan Guérin Tillié, petite erreur du journaliste...



Découvrez T'choupi fait son spectacle au Casino de Paris sur Culturebox !


28.10.2011

Lorsque Cendrillon peine à transformer la citrouille en carrosse...

critique cendrillon théâtre mogador

Et des rengaines en chefs d'oeuvre du théâtre musical !

Ce sont les vacances scolaires, poursuivons donc notre tour d'horizon des spectacles jeune public.

Pour la troisième saison consécutive, Mogador propose une version musicale du conte rendu célèbre par le dessin animé Disney, nous annonçant un show façon Broadway pour les enfants. Hmm... Mais alors vite fait sur un coin de table...

Le dramaturge Gerald Sibleyras ("Un petit jeu sans conséquence", "Vive Bouchon", "Le vent des peupliers"...) fut chargé d'écrire le livret  en compagnie d'Etienne de Balasy. Se basant sur l'histoire originelle, mais ne développant pas ou peu situations et personnages (nonobstant quelques nouveaux venus dont ils ne font pas grand-chose), loupant un dépoussièrage qui aurait pu s'avérer utile ou au moins intéressant, gageons qu'il n'a pas dû leur falloir bien longtemps pour livrer un script des plus ténus, aux dialogues alternativement gentillets (au mieux) ou pauvrets (au pire), agrémentés de quelques pointes d'humour souvent poussives et interdites aux plus de cinq ans... Fallait-il vraiment s'y mettre à deux ? Pas sûr.

La musique est signée Giora Linenberg, compositeur mystérieux dont le site internet du spectacle ne fait pas même mention, pas plus d'ailleurs que le reste du web. Mais peu importe son cv, contentons-nous d'écrire que celui-ci est responsable d'une partition qui s'apparente à de la musique au mètre, singeant les piètres "Roméo et Juliette" de Gérard Presgurvic et autres "Notre Dame de Paris" de Richard Cocciante dans ce qu'elles ont de plus ennuyeux et sirupeux. Si grâce à lui la belle bêle, le reste de la distribution aussi... Et comme ça braille déjà pas mal (sur scène j'entends), je ne vous cache pas qu'on a vite fait de vouloir quitter son siège...

Signalons par ailleurs un assez grossier copié-collé d'une chanson de "Mary Poppins". Ce  "Parfaitement Parfait" entonné par le chambellan du prince ressemble en effet à s'y méprendre au "Practically Perfect" du musical de Broadway. Hommage ou pompage ? Un peu dommage...

Quelques points positifs cependant. Agnès Boury assure une mise en scène enlevée, emportée  par les chorégraphies de Caroline Roelands qui, si elles n'ont rien de très original, ont le mérite d'être efficaces, en dépit de danseurs en sous effectif . Leur travail à toutes les deux parvient  régulièrement à nous faire oublier la médiocrité de l'écriture. Quant à l'imposant et astucieux décor d'Audrey Vuong, un escalier s'ouvrant par le milieu, laissant apparaître l'intérieur de la maison de Cendrillon, il en met plein la vue aux petits et aux grands, malgré un manque de moyens évident pour finaliser le château du prince.

En résumé, un spectacle plutôt moyen qui, faute de mieux, se laissera voir par les plus jeunes, même si, vous l'aurez compris, votre choix premier devra se porter vers d'autres productions parisiennes.

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26.10.2011

Lili Lampion, la tête dans les nuages, les pieds sur terre...

critique lili lampion théâtre de paris

Comme chaque année à la même époque, tous les établissements parisiens proposent leur nouvelle production à destination des plus jeunes. Le Théâtre de Paris a pour sa part passé commande à Amanda Sthers qui a conçu une jolie histoire, celle de "Lili Lampion", petite fille rêveuse qui fuit les soucis de son quotidien grâce à une imagination fertile. La mise en musique, réussie, est l'oeuvre de Sinclair.

A l'image de nombreux enfants de son âge, Lili a deux maisons, car ses parents sont divorcés. Si ceux-ci s'entendent bien et Lili s'acommode sans difficulté de la situation, il va en revanche falloir du courage à toute la famille pour aider son petit frère à guérir d'une grave maladie. Tout ce petit monde prend la direction de New York afin de consulter les meilleurs médecins et spécialistes. Le quotidien de Lili s'en trouve alors tout chamboulé... Nouveau pays, nouvelle école, nouveaux copains... Pour faire face, elle s'invente des amis imaginaires.

Plein de poésie de tendresse et d'humour, jamais niais ni dégoulinant de bons sentiments,  le livret d'Amanda Sthers a pour qualité première d'aborder de front et avec subtilité des thèmes forts, pas toujours évidents pour les enfants. L'amour et l'amitié bien sûr, mais aussi le divorce, la maladie, la mort, la perte d'un être cher, le déracinement et même la psychothérapie. Si le fond nous a séduit, la forme n'est pas en reste. Les dialogues se révèlent plutôt élaborés et haut de gamme, le style est élégant , les compositions de Sinclair riches, variées et entraînantes. Les chansons restent en tête un bon moment.

La scénographie est par ailleurs fort réussie. Sur un immense décor blanc représentant le journal secret de Lili et des silhouettes de buildings, sont projetés des dessins animés évoluant et changeant au fil de l'histoire. 

Un beau moment à partager avec vos bambins, parachevé par l'interprétation pleine d'entrain des onze comédiens présents sur le plateau, et la mise en scène appliquée de Ned Grujic.

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