18.10.2008

Des mains de glaise, au mieux...

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On aimerait encourager le Théâtre du Châtelet a programmer des musicals en provenance direct de Broadway, mais vu le résultat, on se demande si, outre-Atlantique, on ne nous envoie pas des troupes de seconde zone ou carrément les restes.

La preuve en est une nouvelle fois, après le désastreux Tanguera en septembre, par la présentation, ce mois-ci, d'Edward Aux Mains D'Argent, adapté du film de Tim Burton par Matthew Bourne dont on avait adoré Swan Lake.

Essayons d'être le plus juste possible:

Il n'y a franchement aucun travail chorégraphique sur ce spectacle, aucune créativité ni originalité. Au delà du fait que cela soit franchement mal dansé (aucune grâce, lourd et maladroit), le metteur en scène passe completement à côté du sujet traité dans le film, à savoir le rejet de la différence. Aucune chorégraphie pour Edward qui devient anecdotique pendant 1H30 (les personnages principaux sont les personnages secondaires).A part agiter ses ciseaux pour compenser au mieux des non-chorégraphies ou une absence  de charisme, et au pire un contresens total dans le jeu (un bogoss prétentieux sûr de lui) il ne se passe rien... Et pourtant il y en aurait des choses à proposer!!!!!! 

Quand on a vu il y a deux ans Swan Lake (du même chorégraphe), véritable réinterprétation du Lac des Cygnes, que l'on pourrait presque qualifier de chef d'oeuvre de la danse du 21ème siècle, on ne peut qu'être consterné par ce spectacle médiocre qui ne reflete en aucun cas le talent de son créateur...
Autant pour moi, un point positif quand même: la scénographie, raccord avec le film, est très réussie.
Bref, un travail de commande torché sur un coin de table en 10mn un dimanche après midi après un déjeuner bien arrosé.
 
Quand on est invité, ça décoit, quand on paie sa place ça énerve, quand on s'est fait une fête de cette sortie ça pourrait rendre violent, et quand on pense aux spectateurs qui ont fait des sacrifices pour cette soirée, on se dit que cela ne devrait pas être autorisé!
Quand ça m'énerve, ça m'énerve...
Si vous ne l'avez pas déjà vu, courez plutôt voir Le Roi Lion.