02.05.2009

Pas de Chance hier soir...

 

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"Bonjouuuuuuuuur, voulez-vouuuuuus duuu caféééééé ?

Oui Merciiiiiiiiii, vous n'auriez pas vuuuuu ma clé usbéééééé ?

Bonjouuuuuuuuur je suis la stagiaiiiiiiiire et j'ai une maladiiiiiiiiie morteeeelleuuuuu !

Et moi je suis l'assistante, amoureuuuuuuuse du patrooooon, avocat de mes rêveuuuuuux !

Bonjouuuuuuuur je suis le coursier, jouons tous ensemble au lotoooooo !"

Bref,  tout ce petit monde gagne des millions et décide d'ouvrir un cabinet d'avocats qui défend gratuitement la veuve et l'orphelin.

Rideau !

C'était "Chance", actuellement au Palais des Glaces jusqu'à fin juillet, que j'ai eu le "malheur" de découvrir hier soir.

Par où commencer...

Si je vous dis que j'ai cherché dès la dixième minute de ce spectacle une corde pour me pendre, vous comprendrez ma douleur au bout d'une heure quarante cinq d'une succession de chansons dont la pauvreté d'écriture n'a d'égale que la médiocrité de la musique, véritable musique au mètre dont vous ne retiendrez pas un refrain ou un début de mélodie.

L'histoire est inexistante, rien n'évolue ni n'est développé du lever au baisser de rideau, tout est d'une linéarité insupportable, pas de livret, chacun chante sa chanson dans son coin, chanson qui par ailleurs ne fait pas non plus avancer le schmilblick. Tout pourrait s'arrêter à la troisième, mais non... Je passe sur un humour lourd, beauf, parfois à la limite du racisme (la femme de ménage, forcément espagnole, qui joue à la corrida avec l'achpirator. On n'a pas vu les poils sous les bras, mais c'était limite...). Quant aux prétendus clins d'oeil aux comédies musicales, l'"auteur", Hervé Devolder, aurait mieux fait de s'abstenir; se moquer, entre autres,  des paroles affligeantes de Roméo Et Juliette est assez casse-gueule quand les siennes ne sont pas de meilleure qualité.

Passons sur les quelques moments dansés que l'on applaudirait bien volontiers s'il s'agissait du spectacle de fin d'année de notre petit dernier... Ce n'est malheureusement pas le cas ici, bien qu'on puisse effectivement se croire à la fête du village.

Le décor ressemble au bureau B 412 de la mairie du 18ème arrondissement; alors oui, c'est très réaliste ("Oh chéri regarde, on dirait mon bureau!"), mais c'est surtout très laid ! Il vaudrait mieux simplement juste une chaise, le spectateur aurait moins mal aux yeux, d'autant plus qu'il n'est pas aidé par des lumières sans doute réglées avec le régisseur après un déjeuner trop arrosé... Tout est rose vert jaune bleu, avec des étoiles, des coeurs, et des nuages... Le metteur en scène a dû dire "Banco" tout de suite afin d'aller faire la sieste. C'est immonde, même au quatorzième degré.

J'épargnerai ici les interprètes. D'abord parce-qu'ils jouent en alternance (ils sont 20 en tout) , et que vous ne verrez à coup sûr pas les mêmes que moi si vous faites le déplacement, et ensuite parce-que s'il y a quelque chose à sauver ici, c'est encore la distribution. Quand on pense que quelqu'un comme Fabian Richard replonge là-dedans après avoir connu "Cabaret" pendant 18 mois, on a mal pour lui.

Non, ce n'est pas cela une comédie musicale, définitivement non.