15.09.2010
Tendres jeudis au Théâtre de l'Oeuvre

Marina Vlady, Catherine Rich et Annick Blancheteau interprètent trois amies d'enfance sexagénaires se retrouvant chaque jeudi autour d'une tasse de thé pour discuter de tout et de rien et se remémorer des moments passés. A travers des flash-back, elles revivent leur enfance, la guerre, retrouvent leurs amants, évoquent leurs enfants... accompagnées, pour ce faire, sur le plateau, de Bernard Alane et Grégory Gerreboo.
Première pièce (et peut être pas la plus aboutie) de Loleh Bellon ("L'Eloignement", "La Chambre D'amis"...), "Les Dames Du jeudi" entraîne le spectateur dans une ambiance douce-amère, joliment nostalgique, emplie de vie et d'émotion, dans laquelle chacun se retrouvera.
Grâce à une sobre, subtile et élégante mise en scène de Christophe Lidon, dotée d'une chaleureuse scénographie, chaque comédien trouve sa place, même si les rôles masculins sont réduits à la portion congrue, et nos trois dames composent ici de touchants portraits de femmes.
On émettra toutefois deux réserves. Bien qu'au théâtre tout ne soit qu'illusion, il apparaît difficile de jouer l'enfance passé soixante ans... Et l'on sent poindre parfois une certaine nonchalance dans l'énergie des comédiens, un manque d'urgence ou d'enjeu, comme si l'habitude, le train-train les avait gagnés. Attention, car nous ne sommes pas encore à la 200ème...
Il n'en demeure pas moins un spectacle de qualité, doté d'un texte de bon niveau, auquel il vous sera fort agréable d'assister.
Depuis le 10 septembre.
Découvrez Les dames du jeudi au Théâtre de l'Oeuvre sur Culturebox !
10:44 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les dames du jeudi, critique les dames du jeudi, marina vlady, catherine rich, annick nlancheteau, bernard alane, grégory gerreboo, christophe lidon |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
Imprimer |
21.10.2009
Trio Gagnant !

Le Théâtre Hebertot propose, depuis mi-septembre, ce que le Théâtre Privé peut faire de mieux. Un beau texte servi par dix comédiens merveilleusement distribués et mis en scène, dans un superbe décor intelligemment conçu et chaleureux.
Classique parmi les classiques, "La Serva Amorosa" de Carlo Goldoni est monté par Christophe Lidon de façon très...classique, justement, mais sans aucune fausse note. Il a choisi, d'abord, des comédiens d'exception, Robert Hirsch en tête, bien-sûr, jouissif tant il rayonne et excelle sur scène dans son rôle de vieillard bougon, brillantissime et irrésistible. Il est marié à Claire Nadeau, parfaite en marâtre attendant avec impatience un héritage qui n'arrivera jamais. Elle trouve ici un rôle à la hauteur de son talent et réintègre au mieux la vie de troupe après le succès en solo, justifié, de "La Divine Miss V" (Madame Foldingue est bien loin, et c'est tant mieux...). Clémentine Célarié, servante aimante et aimable, enfin bien entourée au théâtre, est juste, touchante, mène le spectacle avec une belle aisance. Le reste de la distribution ne dépareille pas. Applaudissons particulièrement l'excellente composition de Manuel Durand (photo ci-dessous) en fils de Claire Nadeau totalement crétin, ainsi que la jeune, vive et pétillante Emilie Chesnais qui devrait sans problème faire son bout de chemin.

Tout cela est léger, rigoureux, drôle, subtile, esthétiquement parfait, du jeu des comédiens au décor (construit sur différents niveaux, permettant ainsi de créer simplement différents lieux et espaces de jeu), en passant par les éclairages, travaillés au mieux, et une musique qui sait se faire discrète mais apporte véritablement un plus à ce qui pourrait bien devenir le succès incontestable de cette rentrée, et le Molière du Théâtre Privé 2010.
Un enchantement pour les yeux et les oreilles qui fait du bien.
Courez-y !

11:13 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la serva amorosa, goldoni, robert hirsch, clémentine célarié, claire nadeau, christophe lidon, manuel durand |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
Imprimer |
01.03.2009
Detmers-Efira : Duo Gagnant !
L'une ne s'était pas produite sur les planches depuis de nombreuses années, l'autre fait ses débuts sur une scène parisienne, les deux étaient très attendues (au tournant, notamment, en ce qui concerne Virginie Efira), et le moins que l'on puisse dire, c'est que "Nathalie", de Philippe Blasband, mise en scène par Christophe Lidon est un spectacle réussi.
Rappelons brièvement l'histoire. Sonia (Maruschka Detmers) en instance de divorce, engage Nancy, prostituée (Virginie Efira), afin qu'elle séduise son ex-mari dans l'unique but de lui dévoiler la vérité lorsqu'il sera bien "accroché" pour le faire souffrir un maximum. Elle exige de Nancy qu'elle lui raconte tous les détails (TOUS...). Evidemment Nancy va se prendre au jeu et cela va devenir un peu plus compliqué qu'une simple passe...
Dotées d'une partition que l'on qualifiera de très crue et qui pourrait lasser si l'auteur n'avait pas l'intelligence de prendre à temps un virage dans l'histoire et l'écriture (mes oreilles ne sont pas chastes, mais les descriptions à répétition de l'acte sexuel sous toutes ses formes a ses limites, théâtralement parlant j'entends...), les deux comédiennes sont impeccables. Detmers est bouleversante de sensibilité, toujours aussi classe, Efira se révèle extrêmement juste et drôle. Les deux sont touchantes, dans le bon tempo, sobres, chacune à l'écoute de sa partenaire, dans une mise en scène "simple et de bon goût". Le tout est assez poignant.
Seul bémol : Virginie Efira n'interprète clairement pas une prostituée de la rue Saint-Denis. Nous sommes là dans le haut de gamme, peut-être même un peu trop haut pour que ce personnage soit totalement crédible. Oui je sais, "Pute de Luxe" ça existe mais enfin, elle est vraiment "très distinguée"... On pardonne cependant bien volontier compte-tenu de la justesse de l'interprétation. Le pari était risqué pour la comédienne belge qui a courageusement lâché le confortable fauteuil de présentatrice de "Nouvelle Star" afin d'exercer pleinement ce métier qui est le sien, on peut maintenant le dire. Elle est allée chercher un contre-emploi, et le pari est gagné haut la main.
A voir.
Attention cependant, vous l'aurez compris certains passages ne sont pas à mettre entre toutes les oreilles... M'enfin vu ce qu'on entend tous les jours dans le poste...
11:36 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maruschka detmers, virginie efira, nathalie, philippe blasband, christophe lidon, théâtre marigny |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
Imprimer |














