14.04.2011
Le dico du théâtre pas très académique de Philippe Torreton...

Publié il y a deux ans, ce "Petit Lexique Amoureux Du Théâtre" ressort ce mois-ci en poche et trouvera sans aucun doute sa place dans la bibliothèque de chacun d'entre nous.
L'ancien pensionnaire du Français nous livre ici dans un style simple mais fort plaisant, avec beaucoup d'humour et d'autodérision, ses définitions du vocabulaire des théâtreux. De l'"allemande", du "cabotin", de la cour et du jardin ou encore du fameux "merde", vous n'ignorerez plus rien, sans oublier des expressions comme "faire la salle", ou "en faire des caisses". D'autres définitions volontairement plus subjectives ou approximatives, n'en sont qu'encore plus savoureuses. Car au delà du simple lexique, cet ouvrage constitue véritablement un témoignage sur le métier de comédien doublé d'une déclaration d'amour à cet art. Une réflexion enfin sur la culture et la place des artistes dans notre pays se révèle fort intéressante.
L'ensemble est drôle,passionné, passionnant, énervé quelquefois, énervant également. Car si l'on partage bien souvent le point de vue de l'artiste sur l'action culturelle des politiques en général et du ministère de la culture en particulier, de grandes envolées antisarkosistes réellement dispensables tendent à déservir un propos pourtant intelligent. C'est dommage.
Reste un bouquin franchement délectable. J'en veux pour preuve les deux définitions suivantes...
M comme Molière :
Auteur français en forme de statuette qui fait un bide une fois par an à la télévision mais qui triomphe depuis plus de trois siècles sur les scènes de théâtre de France et de Navarre même dans les pires productions.
M comme "Merde" :
Petit mot bien utile pour pallier une habitude superstitieuse nous empêchant de nous souhaiter bonne chance, ça porte malheur. Donc, nous nous hurlons merde, nous nous susurrons merde, nous nous écrivons des merdes accrochés à des bouquets, nous claquons des merdes de paume à paume, de regard fébrile à regard tendu... Pourquoi ce mot, me demanderez-vous, plutôt que "zut" par exemple : "Allez, un gros zut pour ta première" ? Eh bien parce que les chevaux ne faisaient pas des tas de zut sur les pavés lorsqu'ils déféquaient du temps où ils n'étaient pas coincés sous les capots de nos voitures. Devant les théâtres, le nombre de crottins écrasés par terre prouvaient que ceux-ci étaient fréquentés, donc que les spectacles qui s'y jouaient avient du succès. Les acteurs espéraient beaucoup de merde devant leur théâtre... Aujourd'hui la logique voudrait que l'on se souhaite un bon taux de CO2 dans le quartier, ou un gros tas de Vélib...
Le Livre de Poche. 6,50 euros
10:14 Publié dans Actu, Lecture, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : critique petit lexique amoureux du théâtre philippe torreton |
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