04.03.2011

Et si on se disait tout ?

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Reprise de "L'Illusion Conjugale", un des succès de l'an passé, à partir du 23 mars au Théâtre de l'Oeuvre, pour soixante représentations exceptionnelles. L'occasion de vous rediffuser la critique mise en ligne sur ce blog il y a 18 mois.

Jeanne et Maxime ont, d'un commun accord, décidé de s'avouer leurs infidélités passées et de remettre ainsi les compteurs de leur couple à zéro. Maxime reconnait 12 liaisons extra-conjugales à durée très limitée, sa femme "encaisse". Mais quand elle révèle n'avoir vécu de son côté qu'une seule aventure de neuf mois, c'en est trop, ou plutôt trop peu pour Maxime, et beaucoup trop long...

Tout se dire était peut-être une fausse bonne idée...

C'est ainsi que démarre "L'illusion Conjugale", d'Eric Assous, qui se donne au Théâtre de L'Oeuvre depuis le week end dernier, avec Isabelle Gélinas (Jeanne), Jean-Luc Moreau (Maxime) et José Paul (Claude, le meilleur ami du couple).

Autant le dire tout de suite, le premier tiers du spectacle nous a fait frémir... A quoi est-on venu assister exactement ? Si Isabelle Gélinas, pétillante, touchante, subtile et toute en nuances trouve le ton juste dès le départ, le jeu de Jean-luc Moreau se situe, lui,  dans le registre du boulevard pur ( à sa décharge, il sort à peine de deux ans du lourding "Chat Et Souris") et semble avoir du mal à jouer dans la même pièce tant le surjeu est évident.

Or, le texte d'Eric Assous n'est pas un boulevard. S'il ne lorgne pas du côté de Bergman et de ses très cérébrales "Scènes De La Vie Conjugale", l'auteur nous propose une comédie dramatique honnête, nettement au dessus de ce qu'il a pu produire jusqu'à présent ("Les Belles Soeurs", "Les Acteurs Sont Fatigués"...). Jean-Luc Moreau, bon comédien, bon metteur en scène, le sait... Il redresse donc la barre et nous permet enfin, au bout d'une petite demi-heure, d'entrer pleinement dans ces explications de couple, sonnant souvent vrai, provoquant des rires réguliers,  malgré quelques répliques et échanges à côté du propos.

Et José Paul (Claude), dans tout ça ?

Sans trop en dire, sachez que l'ami du couple, invité par Maxime à déjeuner, va se retrouver au coeur de ce conflit conjugal... L'acteur est, comme toujours, sobre et  précis.

Enfin, Charlie Mangel a conçu un décor épuré qui, s'il n'a pas grand intérêt, possède le mérite de se faire oublier et de ne pas tomber dans les classiques du genre (salon bourgeois ultra réaliste et ultra chargé...).

On assiste donc, après avoir eu un peu peur (mais gageons que Jean-Luc Moreau saura ajuster le curseur), à un spectacle plaisant, simple, de bonne tenue, tant au niveau du texte que du jeu des comédiens (le trio fonctionne parfaitement), qui sans être la pièce de la rentrée se laissera regarder et applaudir sans difficulté, nous prouvant, s'il est besoin, que dans le couple comme ailleurs, on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeuf (l'affiche...).

Allez-y.



Découvrez Jean Luc Moreau au théâtre avec "Illusion conjugale" sur Culturebox !

21.08.2010

Avec "Stand Up", Sibleyras livre une comédie confuse...

 

SRAND UP Affiche.jpg

 

Première hier soir au Tristan Bernard de la nouvelle pièce de Gérald Sibleyras, "Stand Up", mise en scène par Jean-Luc Moreau.

Servie par une distribution sans fausse note, fort bien dirigée, d'une qualité et d'une subtilité qui font plaisir à voir (excellents Grégoire Bonnet, Gilles Gaston-Dreyfus, Philippe Uchan et Anne-Sophie Germanaz), la pièce se révèle bancale, malheureusement...

L'auteur s'englue dans un pitch de départ qui n'est visiblement pas le propos principal de son oeuvre. Un tueur à gages désireux de se reconvertir dans le show biz contraint un humoriste, revolver sur la tempe, à lui écrire un spectacle. Ils partiront tous deux au "Festival Du Rire De Morlaix" où ils trouveront le metteur en scène idéal en la personne du directeur de la manifestation.

Gerald Sibleyras a voulu faire de cette histoire une parabole sur le spectacle, la vie d'artiste, la médiocrité et le pathétisme parfois terrible de certains d'entre eux et de ceux qui voudraient en être. Il y parvient parfois, il passe à côté souvent. Sa peinture du "Festival du Rire De Morlaix" s'avère tout à la fois grinçante et à hurler de rire, le personnage du directeur, looser de première qui se la raconte, est fort bien trouvé, de même que celui de l'humoriste qui vire dépressif. Il aurait du se focaliser là dessus.

Mais c'est écrit trop rapidement. Des pans entiers de texte sont à revoir ou carrément à supprimer car n'étant d'aucune utilité. Sibleyras ne fait pas grand-chose de son tueur à gages, pas plus que du personnage de la soeur du tueur dont je ne vous ai même pas parlé tant c'est une coquille vide. Il n'y a pas de fin à l'histoire. C'est souvent trop réaliste alors que l'on sent bien l'envie d'aller vers quelque chose de plus absurde, barré ou métaphorique. On oscille entre la comédie pure, un humour plus grinçant, et une véritable réflexion sur le monde du spectacle. Tout cela se révèle confus.

Alors pour quelques passages très drôles, parfois réellement jouissifs, l'ensemble se traîne péniblement durant une heure quarante cinq. Sauvé par ses interprètes, la pièce aura cependant beaucoup de mal selon moi à passer l'automne... Quand la précédente ("Une Comédie Romantique" avec Stéphane Freiss) n'avait déjà pas passé l'hiver !

Il serait peut-être temps de vous ressaisir, monsieur Sibleyras, car vous êtes capable du meilleur, nous le savons.


03.06.2010

Le tandem Jean-Luc Moreau / Gérald Sibleyras à l'affiche du Tristan Bernard à la rentrée

 

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Après le semi échec d'"Une Comédie Romantique" cet hiver, Gérald Sibleyras a décidé de confier la mise en scène de sa nouvelle pièce au boulimique de travail Jean-Luc Moreau. "Stand Up", dont on ignore encore le pitch, donnera le coup d'envoi de la rentrée théâtrale puisque les représentations démarreront dès le 20 août !

Espérons qu'à cette occasion, nous retrouverons le meilleur de Sibleyras qui, rappelons-le, est l'auteur de "Vive Bouchon", "Un Petit Jeu Sans Conséquence", "Une Heure Et Demie De Retard" ou encore "Le Vent Des Peupliers".

 

09.12.2009

Bonne nouvelle !

L-Illusion-Conjugale_theatre_fiche_spectacle_une.jpg

-Alors que de nombreuses productions lancées en septembre ne passeront pas les fêtes, on apprend que L'Illusion Conjugale, créée à l'oeuvre, jouera les prolongations au Tristan Bernard à partir de janvier. C'est mérité car le texte, la distribution (Isabelle Gélinas, José Paul et Jean-Luc Moreau) ainsi que la mise en scène donnent à voir une comédie grinçante assez subtile et réussie sur le couple.

Critique disponible sur ce blog.