10.05.2009

Quand l'ordinaire déraille...

 

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C'est une nouvelle fois au théâtre du Rond Point que cela se passe...

Talking Heads, d'Alan Bennett, est en effet présenté dans cet établissement jusqu'à la fin du mois, et c'est à ne pas manquer. 

J'ai à plusieurs reprises déjà évoqué  ces monologues de femmes ordinaires, souvent terriblement seules, dont le quotidien part en vrille sans qu'elles en aient conscience. L'auteur maitrise parfaitement l'art de la chute. Drôles, dramatiques, noirs, cruels, les textes d'Alan Bennett mettent en lumière l'humanité, la détresse, le non-dit , la sensibilité des personnages avec un brio incroyable.

Du côté de l'interprétation, Charlotte Clamens, Nathalie Krebs et Christine Brucher sont bouleversantes de justesse et le spectateur est pendu à leurs lèvres à l'évocation de ces tranches de vies. Laurent Pelly, metteur en scène, n'y est évidemment pas pour rien et les a dirigé d'une main de maître. Les monologues sont très astucieusement découpés en une multitude de petites séquences, plaçant dans chacune d'elle l'héroine dans un décor différent, décors qui illustrent et suivent la narration. Le tout avec une fluidité qui frôle la perfection grâce à une régie plateau que l'on pourra applaudir au même titre que les interprètes et une bande son astucieuse.

 

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La scénographie est enfin très originale et souvent surprenante de par les angles de vue choisis par le metteur en scène. Tel un cinéaste, ils nous montre les comédiennes en champ-contrechamp, vues du haut, en plongée... C'est également une réussite de ce côté là.

Le tout est beau, fort, poignant, intelligent, riche, pas prise de tête. Tout ce que j'aime dans le théâtre.

Allez-y !