23.01.2011
Marina Foïs dévoile l'ampleur de son talent au Rond-Point....

Présenté durant un petit mois au Rond-Point, Harper Regan, de l'anglais Simon Stephens, raconte la déflagration psychologique traversée par une mère de famille quadragénaire (Harper Regan, interprétée par Marina Foïs) ayant une fille de 17 ans en pleine crise adolescente, un mari sans travail, et un père mourant auprès duquel elle ne peut se rendre car son patron ne veut pas lui accorder de congé.
Au risque de perdre son emploi, Harper décide cependant, sans prévenir personne, d'aller au chevet de son père mais arrive trop tard. S'ensuit alors une errance tant psychique que physique du personnage, très intelligemment mise en images par le metteur en scène Lucas Hemleb et par Csaba Antal (décors), avec une fluidité et une esthétique des plus cinématographiques.

Ce voyage hors du temps et des réalités, durant lequel Harper affrontera seule ses démons, ses angoisses, cédera à ses pulsions (évoquons un violent face à face avec sa mère, une aventure avec un inconnu rencontré sur le net, ou encore un passage par la case alcool) lui permettra de rejoindre le domicile familial, en apparence plus forte, sereine, et de revenir à un équilibre qu'elle avait perdu. Mais de là à parler de bonheur retrouvé...
Le texte de Simon Stephens, en rien verbeux ou "prise de tête", s'avère remarquable de subtilité. L'auteur maîtrise à merveille l'art de l'ellipse et donne aux acteurs une matière première extraordinaire pour nourrir leurs silences, les non dits, et l'intériorité des personnages.
De son côté, Marina Foïs est admirable. Toute en nuances, bouleversante, elle porte le spectacle avec brio et va chercher au plus profond d'elle-même la vérité d'un personnage à la fois brisé et incroyablement fort, dont le parcours émotionnel est comparable aux montagnes russes. Du rire aux larmes, de la peur à la joie, de l'amour à la haine, la comédienne passe par tous les états et sentiments avec talent.
Un superbe voyage introspectif, poignant, auquel on aurait pu cependant retirer un quart d'heure (le spectacle dure 2h10) et dont on pourra regretter qu'il n'accorde qu'une petite place au grand Gérard Desarthe, relégué ici au rang des seconds rôles.
Allez- y !
13:35 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marina foïs, critique harper regan théâtre du rond-point |
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01.05.2010
Marina Fois ne quitte plus les planches

Alors qu'elle achève tout juste les représentations de "Maison de Poupée" d'Ibsen qui sera repris en 2012, Marina Fois vient d'annoncer qu'elle sera l'interprète principale de "Harper Regan" la saison prochaine au théâtre du Rond-Point. Cette pièce de l'auteur anglais Simon Stephens ne s'annonce pas spécialement des plus légères mais devrait donner à la comédienne une belle matière à jouer ... Pour preuve le résumé donné par le site internet du théâtre :
"Harper Regan quitte son travail à la hâte pour rejoindre son père mourant et tout va se défaire. Curieusement, alors qu'elle arrive trop tard - son père est déjà décédé - qu'elle trompe son mari, qu'elle annonce à sa fille que l'homme de la maison est pédophile...curieusement Harper aime la vie."
Et puisque nous ne pouvons pas parler de Marina sans évoquer Les Robins Des Bois, petits cadeaux...
Photo : G.Giaume / H&K / lexpress.fr
11:38 Publié dans Actu, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marina fois, les robins des bois, maison de poupée, théâtre du rond-point |
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15.03.2010
Ecoutez Jean-Michel Ribes...

-Fabienne Pascaud (Télérama) a rencontré l'auteur et directeur du théâtre du Rond-Point. l'entretien est a écouter grâce au lien ci-dessous :
http://www.telerama.fr/scenes/parcours-d-artiste-13-jean-...
Jean-Michel Ribes qui propose, au Rond-Point justement, ses "Nouvelles Brèves De Comptoir" :
Découvrez "Les nouvelles brèves de comptoir" au Théâtre du Rond-Point sur Culturebox !

-Et puisque ces derniers jours, j'ai pris un peu de retard du côté de la revue de presse, j'en profite pour vous inviter à lire également un long article paru sur le site de L'Express à propos du metteur en scène Eric Lacascade, qui a signé récemment la mise en scène des "Estivants", de Gorki...
http://www.lexpress.fr/culture/scene/le-retour-en-force-d...
Ainsi qu'un autre à propos des multiples "Maisons de Poupées" proposées ces temps-ci sur les scènes parisiennes...
http://www.lexpress.fr/culture/scene/audrey-tautou-et-mar...
Photo Jean-Michel Ribes : telerama.fr
Photo "Les Estivants" : B. Enguerand-DR
10:30 Publié dans Actu, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-michel ribes, brèves de comptoir, théâtre du rond-point, eric lacascade, maison de poupée, marina fois, audrey tautou, michel fau |
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08.06.2009
Performances d'acteurs sans texte

Reprise pour cause de franc succès la saison passée, "La Estupidez" (traduisez : "La Connerie") de Rafael Spregelburd est donnée jusqu'à la fin de cette semaine à Chaillot par cinq remarquables comédiens: Karin Viard, Marina Fois, Pierre Maillet, Grégoire Oestermann et Marcial Di Fonzo Bo qui assure par ailleurs une mise en scène magistrale.
Extrêmement bien mis en images grâce à une scénographie très cinématographique (multiplication des lieux) à l'esthétique US des années 90, ce road movie théâtral dont on vous épargnera le pitch inracontable a le mérite (s'il n'a que celui là...) de permettre aux artistes de proposer une ambiance, un climat et des personnages magnifiquement dessinés et interprétés, drôles souvent, et si l'on prend plaisir à découvrir leur créativité, les compliments s'arrêteront là, malheureusement.
Faisons abstraction des prétentions hautement intellectuelles et philosophiques de l'auteur qui ne se prend, à lire sa note d'intention dans le programme, franchement pas pour de la m... et penchons-nous sur le message délivré réellement par cette "connerie": RIEN !
Pendant pas moins de 3h30, L'histoire est sans enjeu, et sans fin. Cela se voudrait aussi subversif, dérangeant et provoquant que du Copi, mais on n'atteint pas le tiers du quart de son talent; Spregelburd tente également de jouer du côté de Tarantino, de par l'hystérie, la violence de l'action ou des propos mais il n'ose pas, c'est terriblement petit et presque gentil, beaucoup trop propret. Cela n'est ni bien ni mal écrit, déroule du dialogue et des situations au kilomètre qui ne sont audibles et intéressants que par le talent extraordinaire des comédiens qui, soulignons aussi la performance, interpétent 24 personnages à eux cinq.
Quand il n'y a rien à raconter, à quoi sert de tirer à la ligne ? Une heure et demie aurait largement suffit à cette peinture pas désagréable à l'oeil mais terriblement indigeste sur la longueur.
Rafael Spregelburd ne parvient qu'à une chose : confirmer le proverbe qui dit que "Plus c'est long... Plus c'est long !". Et c'est bien dommage !
10:10 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la estupidez, karin viard, marina fois, marcial di fonzo bo, pierre maillet, grégoire oestermann, théâtre de chaillot |
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