25.03.2010
Nouveau coup de gueule de Michel Fagadau contre les Molières...

Après une première colère qui n'était pas passée inaperçue il y a deux ans, Michel Fagadau (photo ci-dessous), directeur de la Comédie Des Champs Elysées, revient à la charge contre l'organisation de la cérémonie des Molières, n'admettant pas que "Colombe", sa dernière mise en scène unanimement saluée par la critique et le public, au succès incontestable, ne fasse partie des spectacles sélectionnés. Il dénonce un système de copinage parmi les votants, le manque de courage des autres théâtres privés à rejoindre ce point de vue qu'ils partagent (espérant une récompense) et accuse France Télévisions de se servir de la retransmission de cette soirée qu'il décrit, à raison, comme l'une des plus ennuyeuses de l'année comme d'un prétexte à ses obligations de proposer une émission sur le théâtre.
Si l'on ne peut qu'être en partie d'accord avec lui, on regrettera ce coup de gueule public qui ne sert en aucun cas le monde du théâtre. Et si tout le monde se mettait autour d'une table afin de discuter de l'organisation de cette soirée ?
Peut-être aussi qu'à force d'avoir crié sur tous les toits qu'il ne souhaitait plus participer à cette remise de Trophées, Michel Fagadau a fini par être entendu des votants...

http://www.professionnelsduspectacle.com/?/Actus//Theatre...
Il fut un temps, pourtant, où les Molières s'annonçaient bel et bien comme une fête...
Capture d'écran : lesmolieres.com
10:23 Publié dans Actu, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les molières, michel fagadau, comédie des champs élysées, colombe |
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27.02.2010
Une Colombe qui prend doucement son envol...

C'est l'une des affiches les plus attendues de cette deuxième partie de saison, Anny Duperey et Sara Giraudeau sont réunies dans la célèbre pièce d'Anouilh mise en scène par Michel Fagadau, à la Comédie Des Champs Elysées.
Commençons par saluer la beauté de l'écrin offert aux acteurs par le décorateur Mathieu Dupuy, les costumes de Pascale Bordet et les lumières de Laurent Béal qui permettent au spectateur de se plonger dès le lever du rideau dans l'univers d'Anouilh. Ici rien de criard, tout est nuances, jeux d'ombres... le climat est là et l'on est en droit de se dire que la soirée s'annonce bien.
On va cependant très vite tomber sur un os... Voire deux.
Le rythme d'abord. Toute la première partie en manque cruellement. A l'inverse de la seconde, celle-ci est faite de scènes courtes, drôles souvent, voit défiler nombre de personnages, et cette peinture du monde du théâtre devrait être aussi légère et virevoltante que la vision que s'en fait la douce et charmante Colombe. Or, tout est très lent et pesant, on semble nous jouer la fin avant de nous avoir proposer le début... Cela n'aide pas à rentrer dans l'histoire. Fagadau n'ose pas le rire franc, semble avoir peur de basculer chez Feydeau, et si l'on peut comprendre cette crainte, le curseur reste mal placé.
La distribution ensuite. Assez inégale, elle comporte surtout une grave erreur de casting portant le nom de Benjamin Bellecour. Celui-ci joue le rôle d'Armand, jeune fêtard et séducteur qui trahira son frère (très juste Grégory Baquet) en succombant aux charmes de Colombe, sa femme. Mais le comédien , fluet et peu sûr de lui, aux gestes maladroits, paraissant nager dans un costume taillé trois tailles au dessus, est bien peu crédible et handicape réellement la crédibilité de la situation. Chacun a par ailleurs du mal à entrer dans la sincérité de son personnage, Anny Duperey en tête, durant la première heure et quart (quand même ! Le spectacle dure deux heure quarante cinq...). Michel Fagadau tombe, pour le coup, vraiment chez Feydeau dans sa vision de certains personnages, notamment avec Jean-Paul Bordes et son interprétation trop colorée et excessive de "Poète Chéri", en décalage complet avec le reste du spectacle. Arrêtons-nous enfin sur Sara Giraudeau dont le jeu est impeccable. Sensible et touchante, elle est une très belle Colombe (On ne saurait cependant que trop lui suggérer de changer rapidement de registre dans ses prochains emplois si elle ne veut pas s'enfermer dans un personnage...).
La deuxième partie nous fait cependant oublier les défauts énumérés ci-dessus, et si l'on n'a pas décroché, on plonge complétement dans l'histoire, les comédiens ayant tous (excepté Benjamin Bellecour) trouvé leurs marques. C'est joli, fort, poignant, Anouilh est bien là. On l'entend nous raconter que si le théâtre est la vie, la vie est bien un théâtre. Et au delà du théâtre dans le théâtre, c'est bien de la vie dont il est question ici. Fagadau signe une mise en scène on ne peut plus classique, propre, académique, mais somme toute efficace. On pardonne les quelques erreurs d'intention.
Pourquoi pas.
Découvrez Sara Giraudeau joue «Colombe» à la Comédie des Champs-Elysées sur Culturebox !
10:01 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : anny duperey, sara giraudeau, colombe, anouilh, comédie des champs elysées, grégory baquet, benjamin bellecour, michel fagadau |
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02.10.2009
Un démon sans intérêt...

Cinq ans après la seconde guerre mondiale, les retrouvailles en Allemagne entre le philosophe Heidegger, devenu national-socialiste pendant la guerre, et l'une de ses anciennes élèves et maîtresses, Hannah Harendt, juive exilée aux Etats-Unis. Un face à face entre deux ex-amants qui aurait pu s'avérer intéressant, fort, poignant, mais qui fait totalement flop...
L'auteur, Antoine Rault, est le grand responsable de cet échec. Pourquoi ? Parce-que celui qui a déjà commis "Le Caiman", "Le Diable Rouge" ou encore le dégoulinant "La Vie Sinon Rien", est très certainement un intellectuel, un littéraire (passé par Sciences Po il fut par ailleurs dans l'ombre de nombreux politiques lors d'une première partie de carrière), mais pas du tout un auteur dramatique ! L'écriture est lourde, trop appliquée, scolaire, laborieuse, prétentieuse, pas naturelle, cherchant absolument à intégrer un savoir, une vérité historique, mais passe totalement à côté de la vie, des enjeux, des tensions entre les personnages. Les dialogues ne font pas mouche, la montée dramatique est inexistante. Rault dilue cette rencontre en adjoignant au face à face un très (trop) long prologue nous présentant les deux personnages dans leurs foyers respectifs aux côtés de leurs conjoints (inutile et sans intérêt) ainsi qu'une scène finale ridicule dans laquelle l'épouse d'Heidegger débarque "à la Feydeau", criant "Ciel mon mari!"... Affligeant.
Voici pour le texte...Les comédiens, maintenant :
On passera rapidement sur la fausseté du jeu de Jean-Marie Galey (mari d'Hannah Harendt), peu aidé par une partition réduite portion congrue, et sur ce que l'on pourrait également qualifier d'"aimable participation" de Josiane Stoléru (épouse d'Heidegger) pour s'attarder sur les deux rôles principaux tenus par Elsa Zylberstein et Didier Flamand. Si ce dernier est juste, indéniablement, bien qu'un peu raide, et manquant malgré tout de nuance , passant deux heures les yeux exorbités... La charmante Elsa souffre à l'évidence d'une carence de planches ! On ne remettra pas en cause un certain talent et une véritable présence, mais la voix est irrégulière, tantôt belle et claire, tantôt carrément "marchande de poisson", la démarche confuse, et, l'on n'arrive pas à savoir si cela fait partie du personnage ou non, toujours est-il qu'elle se gratte (un coup la perruque, un coup le bas, un coup le corsage...) beaucoup... Et je ne veux pas croire que son "démon" en soit cause...
Enfin, Michel Fagadau a proprement posé le texte sur scène mais a eu la mauvaise idée de demander à son scénographe de créer, pour la première partie, deux cubes symbolisant les deux appartements (Etats-Unis d'un côté, Allemagne de l'autre) dans lesquels les comédiens sont contraints de rester et de se mouvoir au minimum tant l'espace est réduit. Ils se marchent quasiment dessus. Le public, quant à lui, voit son champ de vision nettement diminué par ces deux blocs. C'est dommage.
Bref, si vous prenez la direction de la Comédie Des Champs Elysées, arrêtez-vous plutôt au Studio, étage du dessus, afin d'applaudir "Les Insatiables" (critique sur ce blog), car non, hier soir, définitivement non, la soirée ne fut pas très bonne...
11:20 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : elsa zylberstein, le démon de hannah, antoine rault, didier flamand, jean-marie galey, josiane stoléru, michel fagadau |
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18.06.2009
Affiches de la rentrée (suite)
Petit à petit, les théâtres bouclent leur programmation. La Madeleine annonce Guy Bedos et Macha Méril à partir du 20 octobre dans "Le Voyage De Victor", de Nicolas Bedos (fils de...). Rappelons que l'humoriste avait déjà joué dans une oeuvre de son fils, "Sortie De Scène", en 2005. Voici le résumé disponible sur le site du théâtre :
"Suite à un accident de voiture, un homme a perdu la mémoire. Depuis, il erre dans son appartement, vêtu dès l’aube d’un smoking mauve taillé dans les années 70. Une dame- assez énigmatique- est apparemment là pour prendre soin de lui, et le contraindre à recouvrer ses souvenirs, car il ne veut rien apprendre sur lui-même, son passé, ses goûts et ses amours. Mais elle voudrait faire la lumière sur les troubles circonstances de l’accident. Qui est-il ? Qui est-elle ? Que veut-il oublier ? Que veut-elle savoir ?"

De son côté, la Comédie Des Champs Elysées proposera la dernière pièce d'Antoine Rault ("Le Caiman", "Le Diable Rouge", "La Vie Sinon Rien") intitulée "Le Démon De Hannah" mis en scène par le patron des lieux, Michel Fagadau. La distribution sera composée d'Elsa Zylberstein, Josiane Stoléru, Didier Flamand et Jean-Marie Galey. Ci-dessous le résumé :
"Martin Heidegger est le plus grand philosophe allemand du XXème siècle. Hannah Arendt a 18 ans, elle est son élève et elle est juive. Ils vivent un amour fou. Mais il l'abandonne et devient national-socialiste à l'arrivée de Hitler au pouvoir. Réfugiée en Amérique, elle revient pour la première fois en Allemagne en 1950 où il est interdit d'enseignement. Alors qu'elle a juré de ne jamais le revoir, 25 ans jour pour jour après leur première nuit d'amour, elle l'invite à la retrouver dans une petite chambre d'hôtel..."
Photos : MAX PPP (Guy Bedos) / Artémis Diffusion (Josiane Stoléru) / Wenn (Elsa Zylberstein)
04:57 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guy bedos, macha méril, nicolas bedos, antoine rault, le caiman, le diable rouge, michel fagadau, elsa zylberstein, josiane stoléru, didier flamand, jean-marie galey |
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