07.10.2009

Monsieur Schmitt a un poil dans la main...

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Après le succès, l'année passée, de "Cochons D'Inde" qui lui avait valu les honneurs des Molières, l'auteur Sébastien Thiéry propose "Qui Est Monsieur Schmitt ?",sa nouvelle comédie, au Théâtre de la Madeleine, avec pour tête d'affiche Richard Berry.

L'histoire est simple : Monsieur et Madame Bélier sont en train de dîner, quand tout à coup le téléphone sonne. Or, ils n'ont pas le téléphone... Sont ils chez eux ? Sont-ils Monsieur et Madame Bélier ? Le monde extérieur, lui,  semble plutôt voir en ces deux personnages Les Schmitt... Ne serait-il pas plus simple, alors, d'être Monsieur et Madame Schmitt ?

Disons le : Sébastien Thiéry a du talent. Son écriture est efficace. A l'aise avec l'absurde, il sait exploiter les situations et les personnages pour les emmener assez loin. C'est amusant, bien conçu et sans temps mort.

Mais le spectateur que je suis est malgré tout frustré. En effet, on sent que l'auteur effleure certains thèmes sans oser vraiment les développer et aller au delà de la simple comédie. La schizophrénie, le dédoublement de la personnalité, la folie, la négation de soi sont bien là, en filigrane, mais l'écriture est trop rapide, pas assez poussée, les dialogues pas assez travaillés pour emporter le public dans une réflexion qui ne nuirait aucunement à la drôlerie de la pièce. Par paresse, Sébastien Thiéry n'atteint pas totalement son but et livre une petite comédie sympathique (d'une heure quinze minutes seulement...) qui aurait pu, avec un peu de travail, s'avérer une grande pièce.

Ce texte est servi par une distribution impeccable. Richard Berry est irréprochable, possède l'énergie, la technique, le rythme, la sincérité. Raphaeline Goupilleau tire son épingle du jeu malgré un rôle un peu trop effacé par rapport à sa personnalité et son talent (Quel auteur ou metteur en scène lui donnera enfin le rôle qu'elle mérite ?!). Chick Ortega, Sébastien Thiéry et Jean-Luc Joseph sont également parfaitement distribués et dirigés.

On regrettera enfin un imposant décor d'une lourdeur et d'une banalité à pleurer, en total décalage avec ce spectacle qui, en dehors des réserves évoquées plus haut, se révèle une production de qualité, apte à nous divertir gentiment.

 

06.05.2009

Rentrée de septembre (suite)

 

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Le Théâtre de la Madeleine programmera en septembre prochain la nouvelle pièce de Sébastien Thiéry (Cochons D'Inde) intitulée "Qui est M. Schmitt ?". A l'affiche, rien de moins que Richard Berry et Raphaeline Goupilleau, (actuellement dans Très Chère Mathilde) accompagnés de Chick Ortega (Baby Doll). Tout ce beau monde sera mis en scène par José Paul et Stéphane Cottin.

A lire le résumé de l'intrigue diffusé par le théâtre que je vous livre ci-dessous, il semble que l'on soit assez proche d'une "Cantatrice Chauve" numéro deux...


"Monsieur et Madame Bélier sont en train de dîner dans leur appartement, quand tout à coup, le téléphone sonne. Or, les Bélier ne sont pas abonnés au téléphone. On demande un certain Monsieur Schmitt.  Les Bélier, ahuris, réalisent alors qu’ils ne se trouvent pas chez eux, ils donc sont enfermés dans l’appartement d’un d’autre. Mais tout semble prouver qu’ils sont bien Monsieur et Madame Schmitt, la panique s’installe. Le cauchemar ne fait que commencer...

Qui est fou ? Qui détient la vérité ? Lui ? Les autres ?

Qui est Monsieur Schmitt ?"

 

Photo Sébastien Thiery : Artemis-diffusion.com 

 


 

04.03.2009

France 2 et le spectacle vivant

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-Le service public  poursuit sa politique d'offre de plus en plus large en matière de spectacles et discute avec Line Renaud et le Théâtre Marigny afin de diffuser en direct "Très Chère Mathilde", d'Israel Horovitz, qu'elle joue actuellement aux côtés de Samuel Labarthe et Raphaeline Goupilleau. Compte-tenu du sujet et du rythme de la pièce, c'est pas gagné côté audience... Rappelons que la chaîne diffusera aussi prochainement "La Maison Du Lac" avec Jean Piat et Maria Pacôme.

-La chaîne propose par ailleurs dès demain, dans sa case documentaires du jeudi soir "Infrarouge" une serie de reportages sur les coulisses de la création. Théâtre, danse, cirque... Tous les arts de la scène devraient être mis en avant. Au sommaire des premiers numéros (23h50):"L'Actrice Et Le Danseur" (avec Juliette Binoche) Et "Le Chanteur Baroque Et L'Ecuyère". A ne pas manquer.

Toutes les infos :

http://programmes.france2.fr/documentaires/index-fr.php?page=infrarouge&id_rubrique=371

26.02.2009

Extraordinaire Samuel Labarthe !

 

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Mise à jour 3 mars 2009 : Selon le site télé2semaines.fr, France 2 s'apprêterait à retransmettre en direct ce spectacle. Date non communiquée.

 

Tout Paris se précipite au Théâtre Marigny pour applaudir Line Renaud dans "Très Chère Mathilde" d'Israel Horovitz, qu'elle interprète aux côtés de Samuel Labarthe et Raphaeline Goupilleau. On sait tous que les spectateurs sont acquis d'avance lorsqu'une telle personnalité se produit sur scène, alors que vaut véritablement ce spectacle ? Réponse.

L'histoire d'abord. Mathilde (Line Renaud) vit avec sa fille Chloé (Rahaeline Goupilleau) dans un appartement qu'elle a vendu il y a plus de vingt cinq ans à un américain maintenant décédé. Elles reçoivent la visite de son fils Mathias (Samuel Labarthe), l'héritier des lieux surpris de trouver un occupant dans sa propriété (son père ne l'avait visiblement pas averti) qu'il souhaite vendre au plus vite.

Afin de ménager un petit "suspens" que l'on devine rapidement, nous n'en dirons pas plus sur ce scénario sans grande surprise mais relativement bien écrit, malgré une première partie d'exposition trop longue d'un bon quart d'heure. La seconde "passe la cinquième" et les joutes verbales se font plus nombreuses.

Les comédiens, ensuite. Ils sont tous les trois impeccables, mais surprise, c'est Samuel Labarthe qui mène ce spectacle d'une main de maître, interprétant son personnage avec un accent et une gestuelle parfaits qu'il ne lâche pas durant deux heures, il est vraiment superbe. Line Renaud dont on admire la force scénique, et Raphaeline Goupilleau (Molière 2008 pour Une Souris Verte), toujours aussi drôle avec cette distance et cette ironie qu'elle donne à ses personnages, n'apparaissent qu'en second plan, non pas à cause d'une prestation en dessous mais parce-que leur texte et leur présence sont nettement moindre.

La mise en scène, enfin. Le travail de Ladislas Chollat est très esthétique; décor, mobilier, éclairages et costumes sont "léchés" et nous installent dans un climat impeccable pour écouter ces trois excellents comédiens parfaitement dirigés.

Il manque cependant un petit quelque-chose pour faire basculer ce spectacle de "joli et propre" à "formidablement réussi et émouvant". Il est clair que l'entracte, totalement inutile, tue le rythme de la pièce à laquelle il manque sans doute quelques moments de fulgurance pour tous (Line Renaud est presque sous-employée !) et aussi une fin plus forte.

Pourquoi pas, ne serait-ce que pour Labarthe.