06.01.2010

William Mesguich a fait un rêve...

 

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Et il nous le propose sur la scène du Théâtre 13 jusqu'à la mi-février.

En choisissant de monter "La Vie Est Un Songe", de Pedro Calderon, dramaturge espagnol du 17ème, ce jeune directeur de troupe a voulu explorer la quète de soi, "le rapport à l'enfermement et  à l'aliénation", ainsi que l'impossibilité pour l'Homme d'échapper à son destin.

L'histoire, brièvement. Un roi ayant vu de mauvais présages lors de la naissance de son fils, annonçant que celui-ci tuerait son père et deviendrait un tyran pour son peuple, décide de le déclarer mort-né et de le garder enfermé à vie. Mais l'heure de trouver un successeur arrive. Il tente alors de placer son seul héritier à la tête du royaume après l'avoir drogué afin de lui faire oublier ces années d'enfermement. L'expérience sera t-elle concluante ?

Grâce à une scénographie ingénieuse et des éclairages très travaillés (bien que réalisés avec des moyens modestes), mais surtout d'excellents comédiens (Alain Carbonnel, Sébastien Desjours, Zbigniew Horoks...) , William Mesguich, metteur en scène, nous offre des images d'une force surprenante, tantôt magnifiques, tantôt dérangeantes. Cette grande et belle fable oscille en permanence entre un classicisme apaisant et une violence  "rocko-gothico-trash" qui donnent à entendre au mieux le texte de Calderon. Mesguich comédien, dans le rôle du fils Sigismond, balade très subtilement son personnage et le spectateur entre rêve, cauchemar, folie et réalité.

Le tout est intelligent mais pas prise de tête, grand public mais ne cédant pas à la facilité, esthétiquement  réussi. On regrettera simplement une nouvelle fois le manque de moyens évident des théâtres d'arrondissements.

A voir.

 


04.11.2009

Des enfants qui doivent grandir...

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Reprise au Théâtre 13 ces jours-ci, après sa création au TOP l'année dernière,  du chef d'oeuvre de Gorki, "Les Enfants du Soleil", par la jeune troupe du "Théâtre du Fracas" emmenée par son metteur en scène Côme de Bellescize.

On ne veut pas avoir la dent trop dure avec les artistes qui se lancent, mais le "spectateur-chroniqueur-blogueur" que je suis se doit aussi d'être honnête envers ses lecteurs... Et en toute honnêteté, ce spectacle tient davantage de l'exercice d'élèves que d'une véritable production théâtrale. Hétérogène, brouillon et confus sont les premiers mots qui me viennent.

La distribution est pour le moins inégale, certains personnages tiennent du boulevard quand d'autres jouent avec un réalisme et un minimalisme contrastant violemment. La mise en scène, fouillie, ne permet pas une lecture très claire de la pièce et l'action, vaguement transposée de nos jours, ne rend pas le propos plus fort. Une scénographie inutilement compliquée, obligeant les comédiens à changer les décors,  et qui, cela n'aide pas, manque cruellement de moyens, une utilisation peu réussie de la vidéo, des ombres chinoises qui prêtent à rire (sans que cela soit voulu) et une esthétique qui m'a laissé... sceptique ont fini de me rendre totalement dubitatif quant à la réussite de cette entreprise...

Tout cela est un peu jeune.

Restent quelques fortes personnalités à découvrir ainsi que le texte de Gorki (à redécouvrir, lui...).