03.05.2010

Quatrième saison d'Olivier Py à l'Odéon

 

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Dans le secteur du Théâtre Public, on craint toujours le spectacle de douze heures, surtitré en russe, dans lequel les protagonistes vont se rouler nus dans leur vomi. Mission accomplie pour l'Odéon qui nous proposera tout ça (promis juré, je n'invente rien !), mais pas dans le même spectacle...

Son directeur Olivier Py (photo) présentait hier soir en fanfare (de douze  musiciens à lunettes noires...) sa saison 2010-2011, et si l'on veut bien mettre de côté mon trait d'humour du dessus, de belles choses seront à découvrir dès septembre car Py a en effet convié le gratin du théâtre contemporain. J'en veux pour preuve ce qui suit.

Valère Novarina en invité d'honneur (deux spectacles dont une création, "Le Vrai Sang", et plusieurs lectures, dont une donnée par Guillaume Gallienne). Joel Pommerat, artiste associé, créera "Ma Chambre Froide", reprendra Pinocchio ainsi que "Le Petit Chaperon Rouge"."Damonen" de Lars Noren sera mis en scène par Thomas Ostermeier (les images diffusées donnent envie, malgré l'allemand surtitré, les gens tout nus et le vomi...), Julie Brochen donnera sa version de "La Cerisaie", Laurent Pelly montera Victor Hugo ("Mille Francs De Récompense")... J'oublie un Marivaux qui devrait en surprendre plus d'un (les jeunes héros du "Jeu De L'Amour Et Du Hasard" interprétés par des acteurs d'un âge certain...) et bien entendu des oeuvres du maître des lieux.

Tout cela a l'air vivant, exigeant, accessible souvent (pas tout le temps) et terriblement, merveilleusement théâtral !

Vous me pardonnerez en revanche de ne pas me rendre aux 12 heures de Dostoievski surtitrées en russes, ni à la vision très personnelle, par Olivier Py, des derniers mois de Mitterrand, pas plus qu'à la création de Jean-François Sivadier dont "La Dame De Chez Maxim" m'avait un peu contrarié la saison passée.

Saluons enfin la charmante ponctuation de cette soirée de présentation par la lecture de cent nouvelles définitions du Théâtre par Julie Depardieu et Michel Fau. Signées Olivier Py, bien entendu.

Tous les détails de cette programmation, et bien plus encore, sur le site du théâtre :

http://www.theatre-odeon.fr/fr/la_saison/les_spectacles_1...

 

 Quelques images du "Pinocchio" de Joel Pommerat, puis de "Mille Francs De Récompense" :



Découvrez Pinocchio en scène sur Culturebox !



Découvrez Mille francs de récompense de Victor Hugo au TNT de Toulouse sur Culturebox !

25.11.2009

La Petite Catherine De Heilbronn de retour à l'Odéon

 

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Reprise, à partir de la semaine prochaine et 18 mois après sa création, aux Ateliers Berthier, de "La Petite Catherine de Heilbronn" d'Heinrich Von Kleist, mis en scène par André Engel qui avait également mis en scène au même endroit "Le Roi Lear" avec Piccoli il y a quelques années.

Ce spectacle de qualité avait à l'époque croulé sous les éloges des journalistes. J'avais de mon côté émis quelques réserves.

Outre que ce genre de théâtre me paraît assez froid (On assiste à cette épopée de façon très détachée, et l'on n'est jamais vraiment emporté par quelque sentiment que ce soit), la distribution est assez inégale. Si Marie-Julie Parmentier (photo), la petite Catherine, est absolument délicieuse, extrêment juste dans une touchante fragilité, Jérôme Kircher, lui, est bourré de tics et de "trucs" de comédien, et Jean-Claude Jay (que vous aviez pu voir dans "Une Liaison Pornographique" aux côtés de Judith Magre) est toujours aussi mauvais... Les autres comédiens paraissent aussi détachés de leur personnage que le spectateur de l'histoire. C'est dommage.

Reste un spectacle esthétiquement impeccable. L'imposante scénographie est superbe, la création musicale très réussie et les éclairages de toute beauté (même s'il faut avoir de bons yeux durant toute la première partie...).

Bref, du papier glacé haut de gamme.

Mais le papier glacé ne m'a jamais ému...

 

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Photo : Richard Schroeder / theatre-odeon.fr

 

 

06.09.2009

Quand Olivier Py réinvente "Tournez Manège"...

 

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J'ai eu le plaisir de découvrir, vendredi dernier, la scénographie du prochain spectacle du directeur de l'Odéon, "Les Enfants de Saturne" qui sera présenté à Berthier dès le 18 septembre.

Si je ne peux rien vous dire du spectacle en lui même (et pour cause, les représentations n'ont pas commencé), je dois, en revanche, tirer mon chapeau à Pierre-André Weitz (décorateur) pour son travail.  Il a en effet imaginé, avec Olivier Py, une scénographie à 360 degrés, plaçant ainsi le spectateur au centre du décor, assis sur un gradin qui tourne sur lui même, permettant de suivre les personnages d'un lieu à un autre... De nombreux décors sont construits, d'un bureau à la devanture d'un commerce, en passant par un luxueux salon bourgeois, sans oublier une forêt, ou encore une cabine téléphonique. Dès que le public aura le dos tourné, les régisseurs installeront le décor suivant. Ainsi, comme au cinéma, nous suivrons l'action de ce spectacle dans un travelling géant de deux heures... et promis, aucun mal de coeur à redouter, le "manège" tourne avec une douceur et une fluidité bluffantes (j'ai testé pour vous !).


Notons enfin que les spectateurs n'ont pas fini de tourner puisque Bartabas (Zingaro) a eu la même idée pour sa prochaine création...


29.05.2009

IN-TER-MI-NABLE !

 

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Présenté au TNB il y a quelques semaines, la troupe de "La Dame De Chez Maxim" (Feydeau) mise en scène par Jean-François Sivadier, pose ses valises à l'Odéon jusqu'à la fin du mois de juin.

Critiques enthousiastes, presse unanime, c'est avec une joie non dissimulée que je m'apprêtais hier soir à passer une soirée délicieuse en compagnie de l'un des auteurs les plus drôles du début du 20ème siècle.

Raté !

Commençons par l'essentiel, selon moi, pour un vaudeville : le rythme.

Celui-ci doit être endiablé pour que la mécanique Feydeau fonctionne parfaitement. Il est ici cassé par une mise en scène trop posée, trop lente et réfléchie. Sivadier a décidé de prendre un corail alors que c'est bel et bien un TGV qu'il fallait emprunter. Tous les professeurs de théâtre (et pas uniquement ceux qui enseignent au conservatoire, jouent à la Comédie Française et ont plus de 80 ans) vous diront que Feydeau se joue à 200 à l'heure,avec 40 de fièvre, ou ne se joue pas, et surtout (surtout !) qu'il n'y a pas de place ni de temps pour la réflexion.

Après une exposition un peu lente (c'est souvent le cas chez l'auteur, on ne pourra l'imputer totalement au metteur en scène) durant laquelle la mécanique se met en place, on assiste (est-ce possible ?!!) à un ralentissement de la machine au deuxième acte alors qu'elle est sensée s'emballer et nous embarquer dans la folie des situations et des personnages. Cela s'englue et se dilue tant et si bien qu'on en arrive, exténué, à ne même plus écouter le troisième acte qui arrive (enfin!) au bout de 2H20mn. Signalons au passage que le spectacle dure 3h10 et qu'il pourrait facilement faire une bonne demie heure de moins si toute la distribution s'était mis une pile.

La distribution, justement.

Celle-ci est emmenée assez efficacement et talentueusement par Nicolas Bouchaud (Petypon) dans l'excès et à la limite du cartoon. Le problème, car là aussi il y en a un, vient du fait qu'il est le seul dans ce registre. Le reste des comédiens se positionnant davantage dans la sobriété et un certain réalisme. Si personne n'est franchement mauvais, à l'exception de Stephen Butel, Mongicourt, qui joue-parle-marche-bouge-respire faux du début à la fin, les personnages sont trop sages , pas assez déssinés et manquent cruellement d'un grain de folie. Nora Krief, de son côté, donne à voir une Môme Crevette standard et ne fait pas d'étincelle.

J'ajouterais que je trouve regrettable le racolage consistant à intégrer dans le spectacle des chansons issues du répertoire des variétés contemporaines. D'"Etienne Etienne" en passant par "Les Nuits D'Une Demoiselle" de Colette Renard, entendue mainte fois. Pas très intéressant ni très utile. Feydeau n'a pas besoin de ça pour faire rire. Et si on ne lui fait pas confiance, on peut monter autre chose.

Esthétiquement enfin.

Rien d'autre que le mot "laid" ne me vient à l'esprit.

S'il est évident que l'on a soupé des reconstitutions ultra-réalistes des salons bourgeois fin 19ème et autres intérieurs de cocottes, il devient de plus en plus pénible de subir de façon quasi systématique, dans le théâtre subventionné, des scénographies où l'empilage d'objets hétéroclites alliés à des échafaudages ou à des restes de vide-greniers font office de décor. Sans oublier un éclairage qui ferait passer celui de ma cave pour Versailles tant on ne voit rien... Car vous l'apprendrez, le plein feu, messieurs dames, c'est vulgaire !

Ici donc, tout y est. Plateau nu (permettant au passage une accoustique déplorable obligeant les comédiens à beugler. Nadia Vonderheyden, Madame Petypon, n'a déjà presque plus de voix et ne tiendra pas jusqu'à fin juin) "agrémenté" de plaques de contreplaqué brut (ou peintes à la queue de vache...) suspendues à des cordages, montant et descendant des cintres, servant de portes (beaucoup plus compliquées à ouvrir et fermer que des vraies mais tellement moins plouc !), des néons de supermarché pour donner bonne mine et un petit tas de meubles dans un coin...

J'oubliais une toile de parachute, très utile pour réaliser une alcôve ou une salle de réception.

J'aimerais qu'on me fasse parvenir la note d'intention du scénographe...


Alors on me dit : "Le public marche!"

Je répondrai qu'il ne court pas... Qu'il est poli et qu'il salue l'efficacité de l'auteur. Car il n'est pas non plus d'un enthousiasme débordant, loin de là. Feydeau déclenche habituellement bien plus de rires.

Bref, non.

Sans moi.