04.06.2010

Un joli moment au Théâtre de l'Oeuvre

 

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"Il était une fois une grosse, un bègue, une black, un fumeur et un monsieur dame..."

C'est ainsi que commence "Les Indifférents", modeste comédie musicale pour cinq personnages et un piano qui prolonge tout l'été au Théâtre de l'Oeuvre.

Nous l'aurons compris, il s'agit ici de traiter du thème de la différence. Avec des dialogues et des paroles qui auraient pu très vite virer "cul-cul" ou dégouliner de clichés pour combattre les préjugés (on a un peu peur au début), les auteurs ont su trouver le bon dosage en restant dans une légèreté, une vivacité et une fluidité qui évitent toute lourdeur, tant au propos qu'au spectacle. Campés par cinq comédiens-chanteurs dont on saluera les prestations (technique impeccable et émouvante sincérité), ces personnages verront leurs destins s'entremêler durant une heure trente.

Si la morale est sans surprise (acceptons nos différences, nous sommes tous différents...), le spectateur se laisse porter par les textes et mélodies. Mélodies qui se seraient probablement davantage distinguées avec un ou deux musiciens supplémentaires, car le pianiste seul a bien du mal à transmettre l'ensemble de leurs nuances.

C'est drôle, touchant, tendre, léger, frais, sans prétention, efficace, impeccablement réglé.

Parfait pour l'été !

Amusant, anecdote pour les trentenaires : Si plus jeune, comme moi, vous étiez fans de Zack dans "Sauvés Par Le Gong !", vous aurez le plaisir de découvrir sur scène sa voix française en la personne d'Emmanuel Curtil (célèbre comédien de doublage).



26.03.2009

Ne rentrez pas dans L'Antichambre !

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Le théâtre de l'oeuvre reprendra, à partir du 7 avril, L'Antichambre, de Jean-claude Brisville, dans la mise en scène de la saison passée avec Danièle Lebrun et Sarah Biasini. Drôle d'idée quand on sait que ce spectacle n'avait pas vraiment recontré le succès auprès du public... Et pour cause !

Le texte est raté, ce n'est pas mal écrit mais il n'y a aucun enjeu. Il ne se passe ni ne se dit rien. On nous promet une joute oratoire dans les salons du XVIIIème, mais c'est d'une linéarité terriblement ennuyeuse (certains spectateurs dorment !). Où est ce fameux esprit dont on nous parle pendant 1h30 ? Pas sur scène en tout cas. On attend en vain un affrontement entre sarah Biasini et Danièle lebrun. Si ! il arrive dix minutes avant le baisser de rideau...
Les comédiens ne sont pas dirigés,Danièle Lebrun paraît terne, Sarah Biasini progresse doucement dans l'apprentissage du métier de comédienne, mais ce n'est pas encore ça.


Petits détails amusants: Sarah Biasini prépare le thé en 1 seconde chrono. A peine a t-elle le temps de dire qu'elle va en faire qu'elle revient avec, ou plutôt sans car la tasse est vide. Et puis on ne s'emm... pas avec une théière !  Quand Danièle Lebrun l'appelle alors qu'elle est dans la pièce d'à côté, elle n'a pas finit de prononcer son nom qu'elle est déjà sur scène, c'est ce qu'on appelle de la réactivité ! Enfin s'il n'y avait que ça...


Bref, non.


Ci-dessous la bande-annonce :


22.01.2009

Un acteur exceptionnel, mais...

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Mise à jour le 02/02/09 : A la demande du directeur du théâtre, le spectacle a été racourci d'une bonne vingtaine de minutes, ce qui doit rendre le tout beaucoup plus digeste. Dans ces conditions, je vous invite presque à aller découvrir cet artiste même si mes positions restent inchangées pour le reste.

Depuis hier soir, le comédien Jérôme Pradon, que vous aviez pu voir entre autres dans "Le Cabaret Des Hommes Perdus" ou à Londres dans des comédies musicales, incarne rien moins que la grande Sarah Bernard dans un spectacle musical d'Alain Marcel intitulé "L'Opéra De Sarah".

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Saluons d'abord le talent et l'extraordinaire performance du comédien-chanteur qui, deux heures durant, se donne à deux cents pour cent, toujours juste, pêchu, sans baisse de régime, sensible, subtile et nuancé dans son jeu, jouant tous les personnages entourant la tragédienne, en mode parlé ou (surtout) chanté, sans aucune fausse note... Bref, ce type est brillant, BRAVO !

Malheureusement, cela ne fonctionne pas. Car si l'auteur possède une plume qui n'est pas dénuée de talent, nombreuses sont les chansons justes et touchantes, à vouloir tout raconter de la vie extrêmement riche de Sarah Bernard, il finit par ne plus rien raconter, passant d'un évènement à l'autre avec une rapidité qui empêche Jérôme Pradon (qui fait très bien ce qu'il peut avec ce qu'il a) d'installer et dessiner ses personnages, et par la même occasion le spectateur de rentrer dans l'histoire. C'est un peu comme si, voulant monter une pièce que vous jugez  trop longue, vous effectuez des coupes  trop franches dans le texte et qu'il ne reste plus que les entrées et sorties de scène des personnages dont on se fout complétement, il faut bien le dire. Tout cela manque cruellement de corps, d'âme, et d'histoires qui dépassent le simple stade d'anecdotes évoquées à la vitesse de l'éclair, et l'on passe à côté de la vie extraordinaire (rappelons qu'il en est ici uniquement question du tiers ! ) de celle qui incarna le Théâtre Français à travers le monde entier à la fin du dix-neuvième siècle...

Ces évocations trop courtes transforment un spectacle mené "Piano battant" (celui-ci ne s'arrête quasiment jamais, même dans les quelques passages parlés) en un tunnel de deux heures dont on ne voit pas le bout. En tous les cas pas assez tôt... Une demie heure de moins serait franchement plus digeste. C'est vraiment regrettable pour Jérôme Pradon qui est quelqu'un à soutenir tant son talent est certain.

Pour découvrir (ou redécouvrir) Sarah Bernard, je vous suggère la lecture de la biographie que lui avait consacré Henry Gidel il y a quelques années. C'est passionnant !

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Photo Jérôme Pradon : jeromepradon.com