24.06.2010
Délicieusement saignant Rodrigo Garcia !

Le Vingtième Théâtre propose jusqu'à la fin juillet trois oeuvres de l'auteur argentin Rodrigo Garcia, mises en scène par Marion Poppenborg.
Totalement impossibles à résumer, ces textes sont une sorte d'immense critique de notre société moderne. Ultra violents, cyniques, trashes, parfois choquants mais aussi terriblement drôles, vifs, et jubilatoires, les propos des personnages partent dans tous les sens et égratignent chacun, dynamitent la langue de bois, non stop durant une heure.
Dans une astucieuse scénographie évoquant une chambre d'enfant, aussi désordonnée et colorée que le discours qui nous est donné à entendre, les trois comédiens ne déméritent pas, même si leur jeunesse et leur fraîcheur dans le métier ne sont pas sans atténuer quelque peu le texte de Rodrigo Garcia. Ils manquent de vécu, de hargne, de crasse, et ce décalage intéressant entre ce qu'ils représentent et le lieu où ils se trouvent perd en efficacité. On le regrette.
Reste qu'au milieu de tous ces spectacles aseptisés, calibrés, sans réel intérêt des grands boulevards ou des propositions d'avant garde un peu absconses du secteur public, l'oeuvre de Rodrigo Garcia apporte un souffle nouveau dans l'art dramatique et trouve sa place sans difficulté pour un divertissement grinçant, impertinent, sachant mettre une grande claque au spectateur tout en l'amusant.
Et ça fait du bien !
Evitez cependant d'y emmener de trop jeunes enfants...
Enfin, histoire de vous faire une idée, voici un extrait, proposé sur le flyer. Le reste du spectacle est à l'avenant...
"Si tu as neuf ans et que tu vis à Lisbonne, tu vas au McDonald’s le dimanche. Si tu as neuf ans et que tu vis à Cuba, tu vas sucer la bite d’un touriste italien. Si tu as neuf ans et que tu vis à Bruxelles, tu vas au McDonald’s le dimanche. Si tu vis en Bolivie, tu vas à la mine pour les Américains. Si tu as neuf ans et que tu vis à Florence, tu vas au McDonald’s le dimanche. Si tu vis en Afrique, tu couds des ballons pour Nike. Si tu as neuf ans et que tu vis à New York, tu vas au McDonald’s le dimanche. Si tu as neuf ans et que tu vis en Thaïlande, tu dois te laisser enculer par un Australien. Après, deux avions se paient deux gratte-ciel et les gens s’étonnent. "
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07.01.2010
Une reprise à ne pas manquer

C'est au Vingtième Théâtre que sera repris dès demain, avec une distribution en partie renouvelée, Perthus, de Jean-Marie Besset.
Créée la saison passée au Rond-Point avant d'être reprise à Marigny, cette très jolie pièce avait su me séduire, tant par la force et l'intelligence du propos que par la justesse de sa distribution dont faisait partie Alain Marcel, toujours présent dans cette nouvelle version.
Je vous propose de retrouver ci-dessous un extrait du billet que j'avais consacré à ce spectacle au printemps dernier :
"Cette pièce fait partie des plus riches et des plus abouties de l'auteur. On y retrouve comme quasiment dans toutes ses oeuvres, le thème de l'homosexualité, traité ici sous l'angle de la découverte, par deux jeunes garçons, de leur attirance l'un envers l'autre, et de ce qu'ils en feront par la suite dans leur vie d'homme; accepter ce qu'ils sont ou lutter contre, niant l'évidence. Il est aussi question ici des rapports mère-fils et Père-mère.
Comme d'habitude, Jean-Marie Besset multiplie les références littéraires, historiques, culturelles et fait de ses personnages, peut-être trop systématiquement d'ailleurs, des êtres beaucoup plus intelligents que la moyenne, l'ensemble perdant du coup un peu de naturel.
Les deux mamans sont interprétées de façon très intéressante, intelligente et subtile par deux comédiens, Alain Marcel et Jean-Paul Muel, provoquant ainsi un certain trouble chez le spectateur, une distance, une mise en abîme des parents, la mère renvoyant l'image du père... Sans faire de psychanalyse de comptoir... C'est en tout cas assez réussi. Les deux jeunes comédiens sont très justes. Enfin la mise en scène est sobre, mais il n'en faut pas plus.
Fort, touchant, drôle.
A voir. Vraiment".
15:05 Publié dans Actu, Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : perthus, jean-marie besset, vingtième théâtre |
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