24.08.2009

A lire chez Actes Sud...

Non, ce ne sont pas des nouveautés, loin de là... Peut-être même aviez-vous déjà lu ces ouvrages il y a un certain temps, moi pas...

 

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-Tilly confronte ici deux mondes qui d'habitude ne se croisent jamais, deux réalités : la province qu'il avait brillamment décrite dans "Charcuterie Fine" face à la vie parisienne. Même s'il est plus juste d'écrire "une certaine province" face à "une certaine catégorie de parisiens".

Quand une bretonne quadra, célibataire, un peu vieille fille, secrétaire, fan de Julio Iglésias et des poupées de foire, qui occupe un studio dans la capitale (mais rentre chez ses parents tous les week-ends laver son linge et revient le lundi matin  avec des plats préparés par maman pour la semaine...) reçoit une amie d'enfance devenue comédienne et son conjoint journaliste, deux prototypes de ce qui se fait de plus "IN", le choc est violent, l'incompréhension entre les personnages est totale et le jeu de massacre évité de justesse.

Dans "Les Trompettes De La Mort", la cruauté et la suffisance des uns n'ont d'égal que l'impressionnante (mais aussi terrifiante ?) gentillesse, simplicité, modestie et naiveté de l'autre. Pas de condescendance dans l'écriture ni de leçon, mais une peinture d'une vérité saisissante. Non, l'une n'a pas raté sa vie quand les autres ont tout compris; les plus pathétiques ne sont pas forcément ceux que l'on croit et le lecteur se retrouve, tour à tour en chacun des protagonistes. Cet ouvrage permet une réflexion sur nos rapports à l'autre, dans un style très accessible, subtile, juste et prenant.

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-Autre style, autre ambiance, mais sujet similaire avec "Willy Protagoras Enfermé Dans Les Toilettes" de Wajdi Mouawad, auteur qui présentait une tétralogie en Avignon cet été.

Comme le titre nous l'indique, Willy, jeune artiste peintre, s'est enfermé dans les toilettes. Ni ses proches ni les voisins ne comprennent ce geste et c'est tout l'immeuble (des habitants aux rapports conflictuels, certains squattant l'appartement des autres, ragôtant à souhait...) qui va tenter de le faire sortir de cet endroit...

Voilà pour l'argument... qui est évidemment plus complexe que cela. A la lecture de cette parabole, on assiste au combat d'un homme qui ne veut pas composer avec la société dans laquelle il vit, qui ne veut pas rentrer dans un moule, ou que son entourage lui dicte ses actes; la société étant représentée  par cet immeuble et ses occupants.

Alors même si le style et le ton frôlent parfois la caricature du théâtre contemporain (pour faire court on crie beaucoup, on s'insulte, on "chie" et on "peint avec la merde"),le tout n'est pas déplaisant, suffisamment absurde pour que l'on rie souvent, un propos fort malgré tout, et la galerie de personnages  riche et variée.

C'est cependant nettement moins ma tasse de thé...