Une comédie romantique fort juste à la forme inédite…

Une comédie romantique fort juste à la forme inédite…

Confions ici avoir craint, avant que le rideau du Funambule Montmartre ne s’ouvre, un énième tête à tête modérément surprenant, exposant l’amitié amoureuse, ambiguë, de deux être peinant à cerner et définir leurs sentiments. Rassurés, nous le fûmes toutefois rapidement en découvrant “Vous pouvez ne pas embrasser la mariée“, ouvrage bien ficelé, inventif, inattendu, porté par deux acteurs-auteurs renouvelant habilement le genre, sincères et vrais dans tous les registres, subtilement dirigés par Ludivine de Chastenet qui signe un spectacle drôle, sensible, à la mise en scène astucieuse et soignée. Un joli moment de théâtre à applaudir jusqu’à la fin janvier.

A quelques minutes de dire oui à celui qu’elle aime, Emma tombe sur Antoine, son meilleur ami revenant d’Australie pour fêter l’évènement. Deux ans qu’ils ne se sont vus. De toute évidence beaucoup de chose à se dire, même si l’échange s’avère d’abord laborieux. Ponctuées de flash backs qui nous éclaireront sur l’histoire et la nature complexe de la relation, ces retrouvailles tendues et complices seront l’occasion d’une mise au point. Remettant potentiellement en cause la suite de la journée…

Voici donc une comédie romantique dans laquelle pas une situation ni une réplique ne sonne faux. Alexandra Moussaï et Arnaud Schmitt ont imaginé quantité de séquences touchantes, savoureuses, truculentes, évitant l’effet “zapping“ en laissant à chaque fois le temps au propos d’exister, de se développer, faisant preuve d’un sens du dialogue certain, plutôt percutant. Nous avons adoré la rencontre de leurs personnages dans les toilettes du lycée, au milieu des années 90, truffée de références à la culture ado de l’époque (langage verlan, mode du baladeur cd, évocation de séries tv et chanteurs…). Leur cuite à Vegas, des années plus tard, ou encore ce réveillon de la Saint-Sylvestre où, déguisés et masqués, ils se draguent mutuellement sans le savoir, s’avèrent autant de passages nourrissant de manière souvent drolatique, mais toujours en profondeur, la conversation en cours.

Sobriété, harmonie, fluidité au rendez-vous. Costumes et scénographie pensés dans un élégant camaïeu de teintes beiges-blanches-écrues. Une poignée d’éléments de décors mouvants (portes, cubes) déplacés par les interprètes en fonction des besoins, sur lesquels sont alors projetés des slideshows mis en musique. Intermèdes prolongeant pertinemment la scène qui vient de nous être donnée à voir. Le tout s’enchaîne sans heurt dans cet écrin valorisant des comédiens complices, habitant avec conviction une partition taillée sur mesure. La représentation pourrait à un ou deux endroits gagner en nervosité ou efficacité (jeu un peu timide), mais cela relève du détail.

A voir !

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Photo : DR

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