14/06/2013

L'envoûtante collaboration Bartabas-Carlson...

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Depuis le week end dernier, et jusqu'à la fin juin, Bartabas s'est installé à la Grande Halle de la Villette. Le directeur de Zingaro et de l'Académie Equestre de Versailles y présente, entre autres, la recréation de "We Were Horses", une oeuvre imaginée en 2011 avec la chorégraphe Carolyn Carlson, à la tête du Centre Chorégraphique National de Roubaix. Quand l'art équestre rencontre la danse contemporaine, c'est un moment de grâce sauvage et hypnotisant qui nous est offert. A voir.

Sur une prenante musique répétitive aux accents celtiques signée Philip Glass, évoluant au centre de la piste, l'Homme tente un retour aux sources. Les êtres se cherchent, courent, fuient. Les corps se frôlent, s'affrontent, se désirent, exultent... Une quête d'émotions authentiques, primales, animales, à laquelle les chevaux, qui entourent les  interprètes, insufflent toute leur puissance et leur vérité. Une cohabitation troublante évoluant vers un face à face "miroir" presque fusionnel. Très fort.

La beauté du spectacle réside dans la pureté, la simplicité et l'énergie qui s'en dégagent. Artistes habités, presque en transe dans cette boucle enivrante. Exécution brute, violente.  Travail de dressage évidemment magistral mais évitant intelligemment la démonstration. Nous retiendrons entre autres cette prodigieuse ouverture silencieuse au cours de laquelle un cheval tente d'empêcher, dans une succession frénétique de pas chassés, un groupe de danseurs de quitter la piste. Magiques, oniriques et poignantes sont les images proposées.  

Il semblerait que la série de représentations prévue jusqu'au 23 juin affiche complet (sans doute quelques places à saisir au guichet), mais on évoque déjà un retour du spectacle d'ici deux ans.

Alors à vos agendas !


Bethune 2011 : We Were Horses par regionnordpasdecalais


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12/06/2013

"Métronome" au Rive Gauche : le bon tempo mais partition insipide...

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Reprise pour l'été chez Eric-Emmanuel Schmitt d'un spectacle musical rencontrant un certain succès depuis sa création en 2009 (Avignon, le Ranelagh...). Emmené par les membres de la compagnie Cinq de Coeur, "Métronome" est un pot pourri mêlant, a cappella, variété et classique (dans une moindre mesure) aux paroles occasionnellement revisitées pour les besoins d'une intrigue hélas franchement ténue et à l'humour aseptisé. La beauté des voix, la rigueur d'exécution, l'énergie déployée ne suffirent pas à nous extraire de la léthargie dans laquelle on s'enfonça à mesure que le spectacle avançait. 

Cinq personnages coincés dans le métro suite à des manifestations protestant contre la décision du gouvernement de tatouer un code barre sur l'ensemble des citoyens (Hmm...). Un crooner de supermarché, une suicidaire, une femme d'affaire snobinarde, une flic et un marseillais cherchant l'amour erreront une heure vingt durant sur les quais et dans les tunnels de la RATP, croisant manouches ou fantômes. Cinq caractères aux tempéraments très prononcés pour un huis clos supposé faire des étincelles, riche en rebondissements au terme desquels les uns et les autres trouveront leur voie, leur moitié, l'espoir... 

Que dire de cet enchaînement de tubes intégrés (parfois aux forceps) dans une multitude de saynètes gentillettes ? Pas grand chose. Chanteurs avant tout, les interprètes n'ont pas à rougir de leur jeu d'acteur. Appréciable. Chaque séquence se voit soigneusement agencée, chorégraphiée.  Pascal Légitimus signe un travail net et précis. Mais un propos simplet, une histoire "prétexte" sans véritable enjeu, alliés à une fantaisie trop convenue, trop calibrée, aux gags passe-partout et souvent éculés, font de cette proposition un produit assez inodore et incolore duquel peinent à transpirer le rire et l'émotion.

Dommage.

Jusqu'au 4 août.

11/06/2013

FousdeThéâtre TV : Rencontre avec Muriel Mayette, Administratrice du Français...

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Photo : Cosimo Mirco Magliocca

09/06/2013

Les truculentes et envoûtantes histoires de Fred Pellerin...

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Douze ans déjà que ce conteur québécois pas tout à fait quadragénaire, à la virtuosité étourdissante, se produit avec un succès grandissant dans les salles francophones du monde entier, narrant et chantant les tribulations des habitants de son village de Saint-Elie de Caxton... "De Peigne et de Misère", sa cinquième fable pour adultes, en partie improvisée et donc renouvelée lors de chaque représentation, nous est proposée jusqu'à la fin juin à l'Atelier. Ne manquez pas un moment singulier de drôlerie, d'absurde, et de poésie profondément touchant.

Héros du spectacle : Méo, barbier du coin ne sachant garder pour lui les confidences de ses clients,  légèrement porté sur la boisson, et capable de coiffer une nonne à un cheveu, qui parviendra à éviter la fin du monde en trouvant le moyen de faire se reparler les habitants du patelin, brouillés pour des raisons d'argent. Avant cette issue heureuse, de nombreuses anecdotes mettront en scène la petite communauté qui, vous l'aurez compris, se révélera un juste et attachant reflet de l'humanité toute entière.

Que de malice, d'intelligence, d'esprit, de tendresse dans ce qui apparaît comme une ode au "vivre ensemble", au partage, à l'amour, au rêve, à l'espoir, simple et superbe. Jamais niaiseux mais fort d'une candeur des plus rafraîchissantes, incroyablement à l'aise dans l'improvisation, Fred Pellerin manie les mots, le verbe avec une dextérité saisissante (le garçon est diplômé en littérature), s'empare joliment des quelques mélodies qui ponctuent son récit, communie avec un public sous le charme (comment ne pas l'être ?) et l'entraîne dans un ailleurs où il se sent merveilleusement bien. Et nous aussi !

A voir absolument.

Réservez vos places en cliquant ci-contre :  commander_100x30_02.gif